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Samir Ramdane, Covéa Finance, Éric Simonnet, Triodos IM, Aymeric Blom, Tailor AM
Cette table ronde revient sur le possible retour des petites et moyennes capitalisations après plusieurs années difficiles, dans un contexte marqué par la régionalisation du monde, les tensions géopolitiques, la liquidité et la recherche de souveraineté.
Les intervenants insistent sur l’importance d’une gestion active : valorisations, qualité des entreprises, exposition aux thèmes de transition, relocalisation et capacité à identifier les bons dossiers deviennent les principaux leviers pour réintégrer cette classe d’actifs dans les portefeuilles.
Je suis ravi pour cette deuxième partie de parler d'une classe d'actifs dont on parle, je trouve pas assez. Donc on essaye sur Zoom Invest 2, 3 fois par an de faire un point pour suivre un peu l'évolution de ce marché qui est extrêmement intéressant parce qu'il nous parle et il parle forcément à nos clients. On va parler des small and mid caps, en particulier des small caps. Est-ce que c'est toujours le retour ? C'est la grande question qu'on se pose depuis des mois, mais surtout est-ce que c'est pas le retour vraiment de la sélection ?
C'est-à-dire la sélection devient clé dans ce secteur et je reçois pour en parler ce matin trois invités qui vont évidemment nous éclairer. Samir Ramdane qui est responsable de l'équipe gestion OPC Actions Europe chez Covéa Finance. Éric Simonnet qui est responsable des relations investisseurs France et Luxembourg chez Triodos IM et Aymeric Blom, equity fund manager chez Tailor AM. Bonjour messieurs, on fait notre petit test de micro comme j'aime bien. Est-ce que tout va bien ?
Tout va bien. Bon c'est bien, ils sont sages et disciplinés. Comme je le disais, au cœur d'un monde globalisé, allez on va dire chahuté et complexe, je l'ai déjà dit tout à l'heure, c'est difficile pour nous à interpréter cette situation. En tant que CGP, CGPI ou banquiers privés, est-ce que vous pouvez commencer d'abord par nous donner quelques éléments ? Vous aussi, de l'analyse du contexte actuel dans lequel évolue votre classe d'actifs, comment elle se porte déjà ?
Est-ce que les professionnels comme moi sont enfin de retour sur le segment ? Comment vous voyez un petit peu tout ça ? Samir je te donne la parole. Bonjour, merci Stéphane pour cette table ronde et je suis ravi également. En fait, ce qu'on peut dire là c'est clairement la classe d'actifs des petites et moyennes capitalisations qui retrouve son embellie.
On avait vu qu'au cours des dernières années, entre 2021 et 2024, la classe d'actifs avait sous-performé. En 2025, elle a surperformé. Et en 2026, si on regarde les chiffres à fin avril, on est à plus 6% contre les grandes valeurs, on est plutôt à plus 3%. Et bien sûr, tu l'as cité Stéphane, la régionalisation du monde, les rivalités entre nations s'accentuent. Et comme on l'a vu la dernière fois, c'est la dispute autour de l'accès aux ressources.
Le conflit Moyen-Orient nous rappelle encore une fois la nécessité de recréer les chaînes de valeur au niveau local et les petites et moyennes valeurs. On pense chez Covéa Finance qu'elles sont au cœur des problématiques, notamment de souveraineté et d'autonomie des États. Le monde est perturbé et en plus avec une fréquence élevée. On l'a vu, le Covid entre 2020 et 2021, puisqu'on a eu toute la période de la crise pandémique. Ensuite, la guerre en Ukraine et l'explosion des prix du gaz et la crise qu'on a vue sur l'électricité, où des usines devaient fermer parce qu'elles ne pouvaient plus fonctionner.
Ensuite, on a eu l'inflation chez les consommateurs et chez les producteurs. Ensuite, de nouveau, les tensions commerciales, les droits de douane sur l'automobile, sur la pharmacie, les rivalités entre les États-Unis, l'Europe et la Chine. De nouveau, on a le conflit au Moyen-Orient. On entre dans le troisième mois, malgré les cessez-le-feu. Et on voit qu'on a encore des perturbations, notamment sur les approvisionnements.
On le voit à la pompe et notamment sur d'autres produits. On va les découvrir malheureusement au cours des prochaines semaines. Enfin, il y a eu un autre élément, si on regarde le climat qu'on a observé au cours de l'année 2026, l'avènement des défauts sur le crédit privé. On sait que certains investissements ont été faits sur ce crédit privé. On a vu les problèmes de liquidité, puisqu'il y a des sociétés de gestion qui ont dû fermer ou geler partiellement les rachats.
On voit que si on oppose cela à la classe d'actifs des petites et moyennes valeurs, qui sont liquides, un reporting régulier, et on pense qu'on peut offrir à nos épargnants une alternative crédible par rapport à cette promesse qui a été faite sur le crédit privé, qui je le rappelle, est vraiment une pratique entre professionnels de haut vol et qui les récents défauts montrent que les promesses de rentabilité ne sont pas toujours au rendez-vous. C'est pour ça que les petites et moyennes valeurs, on pense qu'à travers la façon dont on fonctionne, offrent un certain couple risque de rentabilité acceptable pour les épargnants. C'est très bien. Ben ça, c'est positif pour commencer. Je te remercie, Samir.
Éric, est-ce que tu partages cette vision ? Comment est-ce que tu vois tout ça ? Oui, merci. Il y a beaucoup d'éléments communs que je partage, et avec ce qui vient d'être dit, et avoir un petit peu un regard un peu contre-intuitif sur la situation actuelle. On a beaucoup entendu parler des Magnificent Seven, de l'IA, de la concentration des indices dans une poignée de méga-caps.
Et c'est vrai, depuis 2021, les grandes capitalisations ont largement dominé. Les small and mid caps ont traversé une période de sous-performance relative, et les investisseurs s'étaient concentrés massivement sur les valeurs au cœur de la vague IA, qui ont fortement progressé. Mais c'est précisément là que réside aujourd'hui l'opportunité. Sur la base de ratios cours-bénéfices, les small and mid caps se traitent historiquement avec une prime par rapport aux grandes capitalisations, notamment en raison de leur potentiel de croissance. Or, ce qu'on a vu, c'est que depuis 2021, cette relation s'est inversée.
Les small and mid caps affichent aujourd'hui une décote de valorisation qui est rare, malgré une croissance des bénéfices, qui est historiquement supérieure. Donc, en d'autres termes, en termes d'attractivité, on peut parler aujourd'hui, on peut acheter moins cher des entreprises qui structurellement croissent plus vite. Et ce n'est pas tout, parce que si on regarde sur les 15 à 20 dernières, sur des cycles de 15-20 ans, les small and mid caps ont historiquement surperformé les grandes capitalisations. Donc, de notre point de vue, l'effet small and mid cap n'a pas disparu, mais il a été temporairement masqué, et historiquement, ce sont ces valeurs qui font le mieux dans un environnement de baisse de taux directeurs. Et nous sommes précisément dans un cycle de politique monétaire un peu plus accommodante, même si aujourd'hui, c'est un peu plus chahuté.
Donc, sur le retour des professionnels du patrimoine, nous, ce qu'on observe, c'est un regain d'intérêt, certes encore timide, le marché tend à un retour vers la moyenne, ce qui laisse présager un rattrapage des small and mid cap et un certain nombre de CGP et banquiers privés anticipent ce mouvement et ont une fenêtre d'entrée que nous jugeons particulièrement attractive. C'est important parce que dans les contextes chahutés, évidemment, la liquidité devient quand même un élément, j'ai envie de dire, plus prioritaire, et les classes d'actifs qui avaient fait concurrence aux small and mid ces derniers temps sont évidemment beaucoup moins liquides, c'est un sujet sûrement sur lequel vous reviendrez. Émeric, qui a sagement attendu jusque-là, est-ce que tu peux noter ta vision du marché, de la relation avec les CGP et puis du contexte évidemment dans lequel vous évoluez ? Oui, je pense que Samir et Éric ont dit beaucoup de choses déjà, mais très justes d'ailleurs. On a évidemment cette géopolitique trouble et volatile qui perturbe un peu la capacité pour les gérants à sélectionner les valeurs et on sait combien la sélection de valeurs est importante sur les small and mid caps.
On a ces bras de fer un peu devenus permanents entre les différentes zones d'intérêt géographiques, Chine, US, Europe, et on voit qu'effectivement il y a souvent des effets de marché, ou tout simplement des effets où on va négocier entre les géographies, qu'on va avoir des barrières tarifaires, on va avoir plein de choses qui vont faire perturber un petit peu. Une image maintenant un peu d'Épinal, on pensait à l'OMC, marché ouvert, globalisation à outrance, pas de droits de douane nulle part, et on voit que maintenant on fait des retours en arrière très importants. C'est des virages vraiment à 50-80°. Après donc effectivement il y a le marché qui a changé aussi. Je pense que ça par contre on n'en a pas parlé, mais ce qui perturbe un peu le stock-picking aussi c'est ces effets de flux.
et les flux ont beaucoup changé. Il y a un peu plus de 20 ans quand j'ai commencé, les flux c'était 20% de flux passifs et maintenant on est à plus de 80% de flux passifs. Les flux passifs c'est effectivement les ETF, les warrants, les trackers, les structurés, tout ce qu'on peut penser et ça crée des mécanismes de concentration et de momentum qui perturbent complètement le stock-picking. On peut sélectionner des valeurs magnifiques et effectivement être très peu récompensés par le marché. C'est vrai que aussi depuis 2018, qui a été un gros krach sur les mid-caps, il y a eu une montée en puissance assez forte des ETF et des cryptos, et le private equity.
Et tout ça ça a un peu drainé, je pense, la liquidité, les flux, et ça pour le private equity notamment, ça a immobilisé une partie des flux, parce que les flux sont captifs maintenant. Donc effectivement, va se poser la question de savoir effectivement quand ces flux vont pouvoir revenir. C'est vrai qu'il y a des intérêts récurrents à chaque fois qu'il y a un début de soupçon de redémarrage des small and mid caps, on se dit, ah génial, mais bon pour l'instant en termes de collecte, c'est vrai que ça se traduit pas encore. Très bien, quoi qu'il arrive de toute façon comme tu le disais, parce qu'on est sur des secteurs, enfin on est sur peut-être des tailles d'entreprises qui sont les mêmes, après la liquidité étant un élément important et surtout la sélectivité. Parce qu'en private equity, il y a non seulement des fonds bloqués, mais il y a eu quelques bons gadins également ces derniers temps.
Il faut toujours se méfier des consensus, et je ne le dis jamais assez en direct sur Zoom Invest, donc je le redis ce matin, attention au consensus. Parce que c'est vrai que notre profession a quand même une grande tendance au consensus, alors parfois c'est dans le bon sens. Et de temps en temps, eh bien c'est pas forcément dans le bon sens. Alors justement, une fois qu'on a fait ce constat sur l'environnement, bon il apparaît clairement qu'on va avoir un réel intérêt à réintégrer cette classe d'actifs dans les portefeuilles de nos clients, mais avec cette sélectivité dont je parlais, est-ce que vous pouvez partager avec nous, comme tout à l'heure, en gestion obligataire, les stratégies, les convictions qui vont être les clés, finalement, des potentielles futures performances que vous nous offrirez. Éric, je te donne la parole pour commencer.
Alors, notre approche chez Triodos, ça se distingue vraiment par le côté impact. La première conviction, c'est que la sélectivité par l'impact, c'est pas un frein à la performance, c'est un filtre de qualité. Et dans les small and medium, la qualité c'est vraiment essentiel. Donc dans notre univers d'investissement, nous on applique des critères qui sont très stricts, et on investit que dans des entreprises qui ont au minimum 33% de leur chiffre d'affaires, qui contribuent positivement à nos cinq thèmes de transition, qui sont l'alimentation, les ressources, l'énergie, la société, le bien-être, et dans lesquels on voit qu'il y a vraiment un biais souveraineté dont on parle de plus en plus. Donc si on regarde sur l'indice Bloomberg Developed Market, on a à peu près 8000 sociétés, nous, il n'y en a que 900 qui passent le filtre, et ce tri rigoureux, il écarte mécaniquement les entreprises qui ont des modèles économiques plus fragiles ou qui sont exposées à des risques réglementaires ou réputationnels.
La deuxième conviction sur les small and medium, c'est le pure play. C'est une source d'alpha durable, et les small and medium caps offrent une exposition à des thématiques ciblées. Ces entreprises pure play se concentrent typiquement sur un seul produit, un seul service, ce qui donne aux investisseurs un point d'entrée thématique clair, et elles sont généralement plus innovantes, plus agiles et moins alourdies par la bureaucratie que leurs homologues de plus grande capitalisation. Et puis enfin, ce qu'on oublie souvent, c'est qu'il y a une recherche approfondie qui crée un avantage concurrentiel réel au niveau des small and medium caps. Les small and medium caps sont généralement sous-analysées, et c'est ce qui génère des inefficiences et des opportunités pour les gérants actifs.
Et donc ces dernières années, le nombre d'analystes suivant ces valeurs a encore diminué, on s'en rend compte, et avec moins d'analystes, les recherches diligentes confèrent un avantage distinct au gérant small and medium caps, et donc sur des investissements à plus long terme. Et dernier point, les dirigeants aussi de ces entreprises, on voit qu'ils sont beaucoup plus accessibles, beaucoup plus ouverts à avoir des dialogues constructifs. Donc concrètement, nous, on a une approche qui est fondamentalement bottom-up et concentrée. On n'a pas de biais style, growth, ou value, où on est plutôt sur une approche vraiment balanced, balanced dans les portefeuilles. Et on investit que dans des entreprises qui sont profitables, donc on a aujourd'hui sur 41 participations, on a 34 valeurs qui versent des dividendes.
Donc ça aussi, la partie dividende dans les small and medium caps c'est souvent sous-estimé. Un type d'exemple de compagnie qu'on a rentré il n'y a pas très longtemps, CooperCompanies, qui est une entreprise américaine qui est active dans les lentilles de contact souples, c'est deux tiers de leur chiffre d'affaires, et ils ont 25% de part de marché, et ils sont aussi actifs dans tout ce qui est lié à la santé féminine. Ça se traite aujourd'hui avec un PER qui est inférieur à 15 fois les résultats contre 26 fois sur les cinq dernières années. Et tout ça en affichant un free cash flow solide et également un programme de rachat d'actions prévu de 2 milliards de dollars. Donc il y a ce genre de valeurs qu'on peut avoir en portefeuille et qui génère aussi un impact positif sur lequel maintenant on se concentre dans nos portefeuilles.
Donc on est sur une entreprise à impact qui en plus est très bien gérée d'un point de vue financier, avec des vrais fondamentaux. Et c'est vrai que les PER à 15 c'est quand même génial quand on voit ce qui s'achète sur le marché des grandes caps, mais je ne le ferai pas, c'est pas le sujet de la matinée. Émerick, je te relance pareil. Comment tu vas développer ta sélectivité en 2026 pour nous permettre chez Taylor d'aller chercher la meilleure performance possible ? Oui, non.
Je pense que le mot sélectivité est extrêmement bien choisi. C'est vraiment la pierre angulaire du raisonnement des small caps. Il faut être sélectif par rapport aux valeurs, mais aussi aux thèmes. Mais avant ça, je voudrais juste faire un petit aparté, apporter quelques précisions sur la classe d'actifs, parce qu'on a parlé de croissance des bénéfices. Je pense que c'est important de donner un peu les ampleurs.
Pour 2026, on a plus de 25% de croissance des bénéfices, contre 10% sur les larges. Je pense que ça donne un peu un contexte. On parlait des décotes, des larges versus les smalls. Là, on est à 10, on a une décote de 10. Historiquement, on a plutôt une prime de 17%.
C'est des données sur 20 ans, c'est quand même assez robuste. On voit qu'il y a un intérêt en termes de croissance et de valorisation. Au-delà de ça, sur la sélectivité des valeurs, on a une approche un peu top-down chez Tailor. On va essayer une approche multi-thématique. On va sélectionner plusieurs thèmes d'intérêt et investir en des valeurs qui appartiennent à ces thèmes-là.
On va avoir une approche plutôt theme picking, stock picking. Nous, on va aller surfer sur des plans d'investissement souverain, notamment européens pour les smalls et mid caps, massifs à court terme, moyen et long terme. On a vu des annonces sur des plans d'investissement, de sécurité, l'autonomie digitale, l'accès aux ressources, l'indépendance énergétique, les infrastructures. Tout ça, ce sont des plans chiffrés et qui vont se dérouler sur les, je ne sais pas, probablement jusqu'en 2050. La somme de tout ça, c'est 10 000 milliards d'euros.
C'est quand même un facteur de soutien assez conséquent à travers toute l'Europe pour ces sociétés-là. On parle des smalls mid caps. C'est important aussi de préciser les smalls mid caps. Elles sont exposées au niveau du chiffre d'affaires à entre 60 et 65 % à l'Europe. Donc, ça veut dire qu'une grande partie de ces plans-là vont bénéficier à ce pan de cote.
Et ça, c'est un plan de soutien, je pense, et c'est des facteurs de soutien qui vont nous permettre de sélectionner les valeurs sur la base des thèmes qu'on a trouvés et qu'on a identifiés. Est-ce qu'il y a des thèmes que tu exclus, Émeric, en revanche, que tu penses en ce moment, ou alors vraiment, vous êtes très opportunistes et très transversaux ? On n'a pas de biais affectifs ou cognitifs. On peut avoir des thèmes qu'on aime beaucoup. Je pense que ça donne un peu un contexte.
On parlait des décotes, des larges versus les smalls. Là, on est à 10, on a une décote de 10. Historiquement, on a plutôt une prime de 17%. C'est des données sur 20 ans, c'est quand même assez robuste. On voit qu'il y a un intérêt en termes de croissance et de valorisation.
Au-delà de ça, sur la sélectivité des valeurs, on a une approche un peu top-down chez Tailor. On va essayer une approche multi-thématique. On va sélectionner plusieurs thèmes d'intérêt et investir dans des valeurs qui appartiennent à ces thèmes-là. On va avoir une approche plutôt theme picking, stock picking. Nous, on va aller surfer sur des plans d'investissement souverains, notamment européens pour les smalls mid caps, massifs à court terme, moyen et long terme.
On a vu des annonces sur des plans d'investissement, de sécurité, l'autonomie digitale, l'accès aux ressources, l'indépendance énergétique, les infrastructures. Tout ça, ce sont des plans chiffrés et qui vont se dérouler sur les, je ne sais pas, Je vois d'ailleurs Samir qui est d'accord, qui opine du chef, qui attend sagement. Samir, même question que tes camarades, où est-ce qu'on va chercher le levier et qu'est-ce qu'on sélectionne de bien finalement en 2026 ? Et puis pour les années d'après, parce qu'on n'oublie pas que la spécificité des small and mid, c'est que c'est le temps aussi, qui est un vrai partenaire. Absolument.
En fait, ce que je dirais, c'est que face à ces chocs, les conséquences, ce qu'on donne à saisir, c'est les États tentent de gagner en autonomie, sur tous les fronts, tu as cité secteurs, défense, énergie, industrie, santé, agroalimentaire. Ces thèmes-là, chez Covéa Finance, on les développe depuis plusieurs années. Dès 2018, dans nos perspectives économiques et financières, c'est notre stratégie de long terme, on parlait déjà de la fin du multilatéralisme et comme il a été cité précédemment, la régionalisation du monde. Donc c'est la fin du libre-échange. En tout cas, inspiré, ou voulu par les prédécesseurs.
Ce qu'on peut voir maintenant, effectivement, je rebondis sur ce qui vient de dire précédemment, pendant longtemps, les investisseurs, on a recherché les acteurs de la consommation. Discrétionnaire, auto, luxe. À présent, si on veut chercher à gagner en autonomie, en indépendance, en souveraineté, on va chercher à privilégier la production au sens stratégique. Les acteurs clés, les acteurs mondiaux. Et donc, qu'est-ce que ça veut dire ?
C'est qu'il va falloir relocaliser les chaînes de valeur au niveau local pour réduire les dépendances. Et donc, si on constitue les chaînes de valeur, si on va relocaliser, ça veut dire que ça va favoriser, et c'est pour ça que je rebondis sur ta question, sur des petites et moyennes valeurs qui sont au centre de ces politiques industrielles. Le chiffre que vient de citer, Émeric, nous l'avons aussi, c'est 65% le chiffre d'affaires des moyennes valeurs en Europe, c'est 50% pour les plus grandes valeurs. Donc, ce que ça veut dire, c'est que les petites et moyennes valeurs sont plus à même d'en profiter de ces politiques. Je donne un autre exemple aussi, on a tous les plans.
Les plans de l'UE et les plans aussi allemands de défense. Le plan NextGenerationEU, on parle de 750 milliards d'euros. Le plan ReArmEU, c'est un plan de défense, 650 milliards d'euros. Il y a un plan plus récemment qui a été fait suite à la crise au Moyen-Orient, c'est le plan AccelerateEU, qui incite notamment à baisser les taxes d'électricité. J'avais cité que, en Europe, malheureusement, du fait de la fin de l'approvisionnement en gaz russe, les prix du gaz ont explosé.
Du coup, on est moins compétitif par rapport à la Chine, par rapport aux États-Unis, surtout. Aussi, il y a la simplification, c'est ce qu'on a vu avec les règlements Omnibus. En Europe, on a été un peu trop loin, peut-être en termes de législation. Et le plan allemand sur la défense, ça va irriguer les PME, les small mid caps, pendant toutes les années, parce qu'il va falloir reconstituer les chaînes de valeur, recréer des usines, et ça va constituer des carnets de commandes. C'est ce qu'on peut voir, c'est qu'on a plein de petites valeurs, et je pense qu'il y en a quelques-unes, dans la défense, on a Exosens, dans les lignes de vision.
Nous nous obturons en tout ce qui est usine, électrification, économies, les automatismes, et on a LU-VE, une petite société italienne qui est dans la réfrigération, qui sert aussi pour les centres de données, parce qu'on sait que ça consomme beaucoup d'énergie. On a Gérard Perrier, une petite société française, qui, elle, est présente dans plusieurs domaines, comme la sous-traitance industrielle, le génie électrique, et surtout, c'est ce qui est intéressant, les automatismes, et encore une fois, la maintenance des centrales nucléaires qui sont au cœur de l'indépendance et de la souveraineté énergétique d'un pays comme la France, mais comme vous le savez, la France redistribue son électricité en Angleterre, et chez tous ses voisins limitrophes. Dans la technologie, on a aussi SEMCO, une introduction en bourse qu'on a vue l'année dernière, qui se passe très bien, qui est dans les mandrins électroniques qui servent de base pour fabriquer ces fameuses puces GPU, CPU, qui servent à l'intelligence artificielle. Et GTT que les investisseurs ou les confrères connaissent très bien, donc société française d'ingénierie, qui fait des membranes de transport pour le GNL, pour éviter que le gaz ne s'échappe. Et donc, c'est là où c'est intéressant, c'est que, pour la première fois, et par rapport à ce qui était cité avant, les investisseurs ont privilégié les grandes sociétés, l'IA, mais dès lors maintenant qu'on va réindustrialiser, re-régionaliser les productions, les PME sont au centre de ces politiques stratégiques, d'indépendance, d'autonomie, et ce qu'il faut rappeler, c'est qu'on est dans un monde plus conflictuel et un environnement plus inflationniste.
Donc, il faut qu'on ait de la production au niveau local, et d'où il faut jouer les petites et moyennes valeurs. On va dire enfin, il faut espérer enfin qu'on relocalise, en tout cas, au terme de l'Europe, avec des gros moyens, comme vous l'avez rappelé, c'est plutôt bien. Merci pour ces précisions, c'est très intéressant. J'aime beaucoup parler des small and mid cap, parce que finalement, on rentre vraiment dans le quotidien de toutes ces entreprises qu'on croise partout, quand on se balade en voiture, en TGV, etc. Et c'est plus palpable avec des fondamentaux plus faciles à comprendre, et en tout cas pour nous, CGP, enfin, en tout cas pour moi, c'est des vrais éléments de langage pour partager ça avec nos clients, et les embarquer vraiment dans un élément même surtout à impact, comme le disait Éric tout à l'heure.
Pour finir, parce qu'évidemment, il est déjà 10h57. Allez, pour clôturer votre intervention avec du concret, comme d'habitude, est-ce que vous pouvez nous conseiller un fonds ou une gamme de fonds qui serait à intégrer en ce moment ? Émeric, je te fais commencer, chez Taylor. Oui, chez Taylor AM, on a une gamme actions qui est composée de trois fonds. C'est des trois fonds qui sont gérés de la même façon.
C'est une approche assez particulière dont on est à l'origine. La multithématique adaptative. Je ne rentre pas dans les détails, ceux qui seront intéressés pourront faire des recherches. Mais effectivement, l'idée c'est de combiner plusieurs thèmes en même temps, et profiter des effets de momentum autour de cette approche. On a trois fonds, Tailor Actions Avenir, sur les large caps européennes, Tailor Actions USA, sur les large caps américaines.
Dans le cadre de cette conversation, je pense que celui qui intéresse tout le monde, c'est Tailor Actions Entrepreneurs. C'est notre fonds small et mid cap européen. Effectivement, à mon avis, il profite de cette méthodologie qu'on a mise en place, de la multithématique adaptative, et génère des performances qui, je pense, méritent d'être saluées. Et donc, c'est plutôt ce fonds-là que je ferai un focus. On le trouve partout, Émerick ?
Oui, absolument. Il est référencé partout, donc c'est assez simple parce que tu l'as rappelé, il est référencé sur pas mal de plateformes, et puis, après, les gens intéressés pourront toujours, effectivement, nous contacter pour... C'est évident. ...contacter les services Sales, quoi, pour pouvoir effectivement savoir comment souscrire ? Il fait bien son job, parce que ça, c'est que la table ronde, je le dis à la fin, rassurez-vous, qu'il faut appeler les équipes Sales, mais souvent, mes invités le rappellent eux-mêmes, et c'est très bien parce que ça nous permet, quand même, de voir un peu plus de détails, parce que ça suffit pas 30 minutes, évidemment, le temps passant.
Excellent, Émerick, merci, même question, qu'est-ce qu'on va choisir ? Et qu'est-ce que tu nous conseilles ? Bien, chez Covéa, naturellement, on va vous conseiller Covéa Perspectives Entreprises, c'est un fonds historique qui date de 1995, donc il a plus de 30 ans, il est PEA-PME, c'est un fonds de PME-ETI, on va rechercher la qualité et la croissance, France et Union européenne. Comme vous l'avez compris chez Covéa Finance, la souveraineté, c'est un sujet qu'on a bien identifié, on détecte les entreprises qui sont au cœur de ces enjeux, autonomie, indépendance, souveraineté, transition énergétique, c'est un fonds qui fait 200 millions d'euros, ce qui est assez notable pour cette catégorie. On a plusieurs poches d'investissement, on va chercher les sociétés familiales, entrepreneuriales, comme SOL, c'est un producteur de gaz italien, c'est un petit Air Liquide, je dirais, qui s'est développé sur le gaz industriel à usage médical et qui se déploie partout en Europe.
On a LDC, société française, qui est le numéro 1 de la volaille en France et en Europe et on le voit, c'est au cœur des enjeux de souveraineté et d'autonomie, puisque la consommation augmente très fortement pour la recherche de protéines, pour les questions de bien-être, aussi, simplement pour des questions d'alimentation et de savoir qu'il y a des productions au niveau local. SEMCO, j'en avais parlé, Exosens et on a des poches de positions dominantes, on a des poches aussi de leadership, on pense par exemple à SPIE, on le connaît très bien, qui est le leader de l'efficience énergétique et qui est au centre, comme on le rappelait, de tout ce qui est enjeux de transition énergétique et d'indépendance. Très bien, merci beaucoup, Samir. Éric, pour finir, qui a attendu sagement, donc un fonds à l'esprit de Vin et un fonds à impact, évidemment. Donc, chez Triodos IM, on gère deux fonds small et mid cap internationaux classifiés Article 9 de la SFDR, il y en a très peu, on en a deux.
Le premier, c'est notre flagship, c'est Triodos Pioneer Impact, qui fait 655 millions d'euros et qui a plus 7 % depuis le début de l'année. C'est un portefeuille concentré sur des petites et moyennes capitalisations pionnières dans la transition vers une société plus durable, donc sur les sujets de souveraineté, notamment, avec un objectif de performance financière compétitive et d'un impact mesurable, parce que c'est bien de dire qu'on fait de l'impact, mais il faut pouvoir également le mesurer. Ce qui est intéressant avec ce fonds c'est qu'il présente une faible corrélation aux gros indices, il y a une faible rotation de portefeuille qui est inférieure à 15%, et c'est des entreprises dont la majorité génère du cash et verse des dividendes. Et puis il y a quatre ans, on a lancé Triodos Future Generations en collaboration avec UNICEF. Pour ces quatre ans, le fonds vient de passer les 100 millions d'euros.
C'était la bonne nouvelle du début de l'année, et on a un pipeline qui nous laisse penser qu'on aura doublé le fonds d'ici la fin de l'année, parce qu'on attend quelques investissements significatifs. Là, c'est un fonds centré sur les small mid cap qui contribue au bien-être et au développement de l'enfance, donc d'où la collaboration avec UNICEF dans les secteurs de la santé, l'éducation, l'alimentation, des infrastructures, et qui est un fonds avec un SRI de 3. Donc une volatilité nettement inférieure à ses petits camarades du secteur et un bêta inférieur à 1. Donc ça peut être extrêmement intéressant d'avoir un fonds small mid cap, mais à profil plus défensif. Les deux fonds sont valorisés extrêmement attractivement par rapport à leur indice avec des croissances de bénéfices supérieures.
Donc si vous voulez donner du sens et de la performance dans vos allocations, n'hésitez pas à nous contacter. Et les deux fonds sont bien référencés. Magnifique, très beau pitch. J'allais finir par ça en disant que ça touche de plus en plus notre clientèle de donner du sens, évidemment à ses investissements. Et c'est bien de le rappeler Éric que l'impact ne pénalise pas forcément la rentabilité et la cohérence d'un investissement.
Merci, tous les 3. On a passé une bonne demi-heure. Je le rappelle, même si vous l'avez très bien fait, qu'il y a évidemment les replays, que vous pouvez tous retrouver facilement sur Zoom Invest. Et surtout, n'hésitez pas à décrocher votre téléphone et à appeler les équipes sales de nos 3 invités pour rentrer un peu plus dans le détail. Évidemment de leur stratégie, mais également des sociétés qu'ils suivent et de leurs perspectives.
Parce que je trouve que c'est plutôt positif et que j'espère enfin cette sélectivité remettra les small and mid-cap au cœur de nos portefeuilles. Nous, on va se retrouver dans un mois, au mois de juin, j'espère avec un peu de soleil. Je ne sais pas où vous vous trouvez tous, chers auditeurs, spectateurs, mais nous, à Bordeaux, c'est pas terrible. Je vous souhaite d'ici là de bien prendre soin de vous en ces temps compliqués d'un point de vue sanitaire. Et je vous dis à très bientôt sur Zoom Invest.
Merci à tous, bye bye. Merci, au revoir.