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Stéphane Camy présente la gestion du fonds Claresco USA, ses choix d'allocation, son approche thématique et les raisons de ses performances récentes face à l'évolution du marché américain.
Dans ce Face à Face sur Zoom Invest, Gérald Grant reçoit Stéphane Camy, gérant du fonds Claresco USA chez Claresco Finance. L'invité détaille la philosophie de gestion et les spécificités du fonds dédié aux actions américaines. L'entretien revient sur le positionnement du fonds, ses choix d'allocation et les raisons de ses performances récentes, tout en abordant les perspectives du marché américain.
Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouveau numéro de Face à Face sur Zoom Invest. Numéro dans lequel nous allons parler aujourd'hui d'actions américaines. Et pour ce faire, nous allons recevoir Stéphane Camy, gérant chez Claresco Finance du fonds Claresco USA. - Bonjour Stéphane. - Bonjour. Alors, première question : est-ce que vous pouvez nous dire quelques mots sur Claresco ? Alors, Claresco est une société de gestion privée, qui a été fondée il y a maintenant plus de 25 ans par Edouard Ferri. On a 800 millions d’euros sous gestion, avec peut être 30% en gestion de fonds. Et on a une gamme de fonds très diversifiée. On a un fonds flexible, européen, Claresco Avenir. Un fonds US, bien sûr, un fonds innovation. Un fonds de valeurs immobilières cotées. Donc c'est très diversifié. Une palette assez large.
Pour rentrer directement dans le vif du sujet et parler donc de Claresco USA, est-ce que vous pouvez nous dire un peu comment vous gérez ce fonds ? Quel est son process de gestion ? Top-down, bottom-up, value, croissance ? Ni l'un ni l'autre ? Dites-nous en plus. Claresco USA, c'est un fonds plutôt blend, on va dire, avec un biais croissance. Parce que, c’est mon ADN. J'aime l'innovation et j'ai toujours été dans ce domaine-là, donc c'est vrai que la gestion, il faut avoir des convictions. Je préfère chercher des sociétés qui ont un potentiel de croissance important. Donc voilà, Claresco USA, c'est plutôt ça. Ce qui veut dire que vous allez, via une analyse, peut-être top-down, regarder les thématiques qui actuellement, bénéficient d'un cycle de croissance importante ? Complètement.
Par exemple, en ce moment, l’IA est une thématique qui est en vogue, mais qui est de toute façon bien là, bien présente, et tout ce qui gravite autour de l'IA m'intéresse et toutes les valeurs qui sont bien positionnées dans ce domaine et qui peuvent profiter de cette tendance, je vais les étudier et potentiellement les avoir dans le fonds. Alors, moi j'ai une question sur l'indice de référence de votre fonds. Souvent, on voit le S&P 500, qui est le plus classique, mais le Dow Jones Industrial, c'est-à-dire 30 valeurs, pondérées par les prix et non pas par les capitalisations comme le S&P 500, c'est quand même plus rare. Pourquoi ce choix ? Et d'où vient-il ? Le choix, c'est très simple, il est à l'origine du fonds. C'est Edouard Ferri qui l'a choisi comme ça.
Il voulait que le fonds ait un indice de référence comme le Dow Jones, parce qu'en fait, Claresco Finance, à l'origine, c'était une société de gestion privée, donc qui s'adressait à des particuliers, qui connaissaient mieux le Dow Jones que le S&P 500. Donc ça leur parlait mieux et il a estimé que c'était plus... Donc ce n'est pas parce qu'on dit traditionnellement que le S&P 500 est un indice ultra efficient et donc ultra difficile à battre, que vous avez pris un Dow Jones qui est peut être plus concentré ? Non, pas du tout. Rien à voir ? Ça n'avait rien à voir. Ok, très bien. C'est une gestion qui est active puisque dans le fonds, il y a aujourd'hui 29 titres si je ne me trompe pas. Dans l'indice, on le disait, il y en a 30, donc le même nombre de lignes.
Mais je crois qu’il y a à priori une différence dans ces lignes, puisque vous affichez une tracking error, donc une déviation par rapport à l’indice, qui est au-delà de 7, ce qui en fait une vraie gestion active, en tout cas mesurée par cette métrique. Comment gérez-vous la différence avec cet indice en termes de pondération de titres et éventuellement de secteurs ? Des contraintes ? Pas de contraintes ? Alors, je n’ai aucune contrainte, à priori, sauf celle d’essayer de ne pas trop m’écarter de mon benchmark de référence, bien sûr, et de le battre. Mais je peux avoir 0% dans un titre qui représente 5% de l'indice, tout comme je peux avoir beaucoup plus de pondération sur la même valeur si j'estime qu’elle en vaut la peine.
Et je peux pareillement, au niveau sectoriel, avoir 0% ou surpondérer très fortement un secteur par rapport à un autre, dans mon indice. Par exemple, en ce moment, je suis très surpondéré de Tech, et j'ai zéro staples par exemple. La consommation non-cyclique, en traduction bien française. C'est vrai qu’on utilise plus facilement le jargon anglo-saxon, mais effectivement, consommation non-cyclique. Par exemple, un Procter & Gamble qui est le meilleur exemple, vous n'en avez pas ? Je n'en ai pas. Et ça représente 1,5 ou 2% du benchmark. Ok. Un cas pratique peut-être ? Les performances 2024 ont été plutôt correctes, plus de 25% sur Claresco USA. 2025 qui est un peu plus compliqué, en retrait par rapport au Dow Jones.
Il y a le biais croissance qui peut l’expliquer effectivement, mais il y a aussi un titre qui, malheureusement, a contribué négativement, c'est United Health, qui a été malmené en avril et en mai. Peut être un petit éclairage sur ce titre ? Et puis, par la suite, peut être nous donner au contraire, quelque chose qui a bien marché, que vous auriez encore ou plus en portefeuille, qui pourrait compenser un peu cette déconvenue ? Ça arrive. United Health représentait 9,5% du Dow Jones avant qu'elle ne baisse de plus de 50%. Donc maintenant elle fait 4%. C'est sûr que l’impact a été significatif. Il se trouve qu'à ce moment-là, j'étais plutôt neutre sur le marché, et donc un des moyens d'être neutre et de ne pas justement être trop leveragé, c’est d'être au moins pondéré sur United Health parce que c'était une valeur safe, entre guillemets.
Il s'avère que ça n'a pas été le cas. Et donc, j'ai été sanctionné... Le fonds a été sanctionné. 4 à 5 points de performance. Ca a été énorme. Ajouté à cela, le fait que j'étais peut être un petit peu trop leveragé sur les tech au moment où ça a baissé. Donc j'ai sous-performé à ce moment-là. Et je ne me suis pas remis suffisamment... Donc les deux, l'un dans l'autre, expliquent la sous-performance actuelle que j'espère récupérer d'ici la fin de l'année. Et justement, un exemple d’un titre, qui a pu bien marché quand même, en ce début de 2025, que peut être vous n'avez plus d'ailleurs ? Oui, par exemple, GE Vernova, par exemple, qui a très bien marché depuis le début de l'année. Elle avait même bien marché à la fin de l'année dernière.
C'est typiquement une valeur qui participe à la tendance IA et au déploiement des data centers et à l'amélioration de la grille électrique, pardon, du réseau électrique. Parce qu'en fait, la demande en énergie provoquée par les data centers, qui maintenant, consomment plus de 30% de la grille électrique, est telle qu'il faut améliorer le réseau et clairement, GE Vernova va en profiter. Donc ça c'est une valeur en effet qui a très bien marché. Alors, je propose de finir de façon un peu originale, pour la dernière question. On va faire des questions à choix multiples, mais à chaque fois avec deux choix, comme ça on va aller plus vite. Donc l'environnement américain est compliqué, on le sait. D'ailleurs, le marché l'a bien vu entre février et avril, parce que depuis, la performance des deux zones Europe et US sont plus ou moins les mêmes.
On va y aller directement. Aux États-Unis, stagflation : oui ou non ? Non. Marché trop cher ou bien pricé ? Je dirais qu'il est raisonnablement pricé avec les taux actuels. Et les tarifs, vraiment embêtants ou opportunités ? Non, je pense que c'est une opportunité parce que je pense qu'au final, tout va se remettre en place, et ça va être une opportunité pour le marché et pour la croissance. Je pense que la croissance, si on a des deals qui arrivent, et Trump le veut, si on a un arrêt de la guerre par exemple en Ukraine, et ça, tout le monde maintenant, souhaite l'arrêt et vont pousser la Russie à ce qu'elle communique avec l'Ukraine. Je pense que c'est plutôt favorable. Ok, donc des opportunités pour le marché actions global, américain en particulier, et probablement pour Claresco USA, alors ?
Je pense que depuis que Trump a fait volte-face avec la Chine début mai, il a décidé de refaire monter les marchés et je pense que, on ne peut pas lutter contre ça. On ne peut pas lutter contre la Fed, mais en ce moment, on ne peut pas lutter contre Trump non plus. Très bien, merci beaucoup Stéphane. Merci à tous de nous avoir suivi sur ce Face à Face, et on vous donne rendez-vous pour un prochain numéro très bientôt. Au revoir.