Actions
1Obligations
1Flexibles
1L'essentiel de l'actualité patrimoniale et financière pour les CIF, chaque matin dans votre boîte mail.
Dissolution : les scénarios possibles et les impacts pour les marchés actions... Par Auris Gestion.
Auris Gestion : Nous sommes passés neutres tactiquement sur les actions européennes dès le mardi suivant la dissolution de l’Assemblée nationale, car nous pensons que, d’ici au résultat des élections, l’incertitude pèsera sur les actifs français à plusieurs niveaux.
Tout d’abord, les taux français doivent intégrer le dérapage du déficit et l’augmentation de la dette du pays à venir en cas de majorité du Rassemblement national ou du Nouveau Front populaire. En effet, leurs programmes respectifs coûteraient, selon les estimations, entre 100 et 200 milliards d’euros par an au pays.
Même dans le cas d’une Assemblée paralysée par deux blocs, le RN d’un côté et le Nouveau Front populaire de l’autre, avec le parti présidentiel Renaissance en arbitre, il faudra tirer un trait sur les réformes à venir et dire adieu à l’amélioration des finances publiques qui était prévue.
Enfin, d’ici quelques mois, en fonction des résultats, le pays pourrait faire face à la dégradation de la note de la dette française par les agences de notation. C’est bien simple : la France est notée deux crans au-dessus de l’Espagne, alors que nous avions déjà, à la fin de l’année 2023, des ratios de dette sur PIB et de déficit supérieurs à l’Espagne. Ces ratios vont encore se dégrader dans les mois à venir. Cela laisse imaginer où la dette française traitera d’ici peu.
L’impact pour les marchés actions s’opère à plusieurs niveaux. Les investisseurs internationaux accordent désormais une prime de risque spécifique à toutes les actions françaises, qui sont vendues sans discrimination.
Ensuite, les secteurs qui peuvent être taxés ou régulés par l’État ont été massivement vendus. On a vu les banques, avec la taxation éventuelle des superprofits, les services aux collectivités, avec la possibilité de blocage des prix, tout comme les secteurs où la menace d’une nationalisation plane. On pense notamment aux concessions autoroutières.
Une autre classe d’actifs qui a souffert, ce sont évidemment les small caps, très sensibles à la conjoncture française, qui pourrait potentiellement se dégrader si le choc budgétaire a les effets inverses de ceux initialement escomptés, avec une baisse de la croissance et donc une augmentation du chômage in fine.
Oui, il y a des motifs d’espoir. Tout d’abord, au niveau politique, le moins pire des scénarios serait une paralysie de l’Assemblée empêchant les partis extrêmes de mettre en œuvre leur programme.
Une seconde possibilité serait un scénario à la Meloni en Italie, avec un RN qui respecte les règles budgétaires européennes et donc un choc bien moins important sur les finances publiques.
Enfin, au niveau microéconomique, il faut noter que certains titres intègrent déjà en grande partie les mauvaises nouvelles potentielles. C’est le cas d’AXA, par exemple, qui réalise 75 % de son activité en dehors de France. Or, le titre a baissé de 13 % la semaine de la dissolution, reflétant également le risque sur la dette française. Pour nous, cette baisse est excessive.
Vinci a également baissé sur la même période et traite quasiment sur les niveaux de valorisation du Covid. De même, pour les banques, la capitalisation boursière cumulée de Société Générale, BNP et Crédit Agricole a perdu 27 milliards d’euros depuis la dissolution. C’est quasiment deux années complètes de résultats de ces banques qui se sont évaporées, ou l’équivalent d’une taxe supplémentaire sur leurs profits de 20 % pendant dix ans.
Nul doute qu’une fois que la poussière se sera dissipée, il y aura de bonnes opportunités sur le marché français.