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Entretien exclusif sur Droits de douane : quelles perspectives pour les marchés ? de Kevin Thozet rencontré sur le stand de Carmi.
Kevin Thozet : Les trimestres à venir vont être caractérisés encore et toujours par une divergence entre les grands blocs économiques mondiaux. On a d’un côté les États-Unis, qui sont dans une période plutôt de stagflation, avec le risque de récession en embuscade.
Dans ce contexte, qu’est-ce qu’on privilégie sur les actions ? Plutôt des secteurs et des valeurs défensives. On pense notamment au secteur de la santé, puis on essaye aussi de mettre à profit la défiance vis-à-vis du secteur technologique pour investir sur des valeurs qui ont de vraies perspectives de croissance sur le long terme.
Stagflation, c’est un mot qui peut faire peur, mais on a un super instrument pour cela : les obligations indexées à l’inflation. Pourquoi ? Parce que stagflation, cela veut dire moins de croissance économique, donc des taux d’intérêt plus bas, et de l’inflation, donc des indices de prix à la hausse. C’est pour cela que les obligations indexées à l’inflation fonctionnent très bien.
En Europe, on a le vrai réveil du tigre allemand. C’est une très bonne nouvelle pour la croissance économique européenne, et une très bonne nouvelle pour des valeurs, notamment dans le secteur de l’industrie. Il faut faire un peu attention, parce que le plan allemand ne se verra pas dans les résultats des entreprises avant 2026, voire 2027. Mais on a là aussi des entreprises solides pour adresser cela, notamment des valeurs comme Siemens en Allemagne.
Qui dit bonne nouvelle pour les entreprises européennes dit bonne nouvelle pour le crédit européen aussi, puis pour la devise, l’euro.
Enfin, la Chine est clairement attaquée frontalement par Donald Trump, avec toujours plus de tarifs douaniers. Cela veut dire que la Chine devra trouver de nouveaux débouchés, possiblement en Europe, mais aussi et surtout dans son marché domestique, dans son marché intérieur. C’est une bonne nouvelle pour les valeurs de consommation chinoise.
Quand on parle du monde émergent, on pense aussi à l’Amérique latine, notamment aux rendements que l’on peut y trouver, qui sont deux à trois fois plus élevés que les rendements européens ou allemands. C’est donc un contexte très porteur pour de la gestion diversifiée et active, et cela reste le cas depuis 36 ans maintenant.