Actions
1Obligations
1Flexibles
1Perf. absolue
1L'essentiel de l'actualité patrimoniale et financière pour les CIF, chaque matin dans votre boîte mail.
Entretien avec Joffrey Ouafqa sur États-Unis, Europe, Chine... le point macro en 2 minutes d'Auris Gestion.
Joffrey Ouafqa : Ce qui est certain, c’est que les revirements de Donald Trump sur la question des droits de douane créent une forte incertitude à l’heure actuelle, et les agents économiques s’y adaptent.
Les ménages consomment moins. Cela s’est d’ailleurs vu dans les publications de sociétés comme Walmart. Les entreprises constituent des stocks avant la mise en œuvre des droits de douane, aggravant encore plus le déficit de la balance commerciale américaine, ce qui impacte négativement le PIB au premier trimestre.
Mais il est quand même nécessaire de modérer ce propos. En effet, il y a eu une forte épidémie de grippe aux États-Unis en début d’année : 7 % de la population a été touchée, ce qui peut expliquer le ralentissement de la consommation. Enfin, d’autres indicateurs macroéconomiques restent résilients, comme le marché de l’emploi. Pour nous, la récession n’est donc pas acquise et tout dépendra de la politique tarifaire américaine.
En Europe, la croissance rebondit légèrement, mais elle pourrait accélérer très vite, car le choc causé par le clash entre le duo Donald Trump et J.D. Vance avec le président ukrainien Zelensky aura eu un mérite : réveiller l’Europe, et en particulier l’Allemagne.
C’est en effet au cours des jours suivants le clash que l’Allemagne a décidé de sacrifier sa politique d’orthodoxie budgétaire et de se réendetter massivement afin d’augmenter ses dépenses militaires, mais aussi de moderniser les infrastructures du pays.
Les montants en jeu sont significatifs, puisque ces dépenses représentent l’équivalent de 20 % du PIB allemand sur 12 ans. C’est donc une politique qui soutiendra bien évidemment la croissance de la zone euro au cours de la décennie à venir. On peut dire que la locomotive européenne est de retour.
En Chine, la dynamique de l’activité en février reste légèrement favorable, et les conclusions du congrès du parti le sont aussi. Malgré les droits de douane potentiels américains, le pays conserve le même objectif de croissance en 2025 que l’année précédente, à plus de 5 %.
Pour y parvenir, le déficit budgétaire est relevé à 4 % du PIB, contre 3 % auparavant, ce qui constitue un record au cours des 30 dernières années. Le but avoué : soutenir la consommation des ménages, renflouer certaines banques d’État, réduire les stocks immobiliers et investir dans les infrastructures. De quoi progressivement permettre aux ménages de retrouver la confiance et de dépenser à nouveau.