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Entretien avec Julien Seraqui sur « La collecte des CGP se compte désormais en dizaine de milliards d’euros… » Actualités des CGP..
Benjamin : De retour à Patrimonia 2024. Nous avons le plaisir de recevoir Julien Seraqui, président de la CNCGP. Bonjour Julien.
Julien Seraqui : Bonjour, merci de m’accueillir.
Benjamin : Avec grand plaisir. Patrimonia 2024, qu’est-ce que cela représente pour vous ? Quel est votre ressenti sur le marché des CGP en 2024 à Patrimonia ?
Julien Seraqui : Le marché des CGP se porte bien. On le voit à Patrimonia : beaucoup de monde, beaucoup de stands. Je crois qu’il y a 380 stands, ce qui veut dire qu’il y a 380 sociétés qui viennent proposer leurs produits à des conseils en gestion de patrimoine. Cela veut dire que le marché des conseils en gestion de patrimoine est devenu énorme aujourd’hui.
Deux chiffres pour l’illustrer. Nous avons fait un baromètre cette année pour connaître la santé financière de nos adhérents. Ce baromètre dit une multitude de choses, mais il dit surtout que le chiffre d’affaires des conseils en gestion de patrimoine, en tout cas ceux qui sont à la Chambre, a augmenté de 25 % en deux ans. C’est à peu près 12 % par an, c’est considérable.
Ensuite, ils ont collecté l’année dernière pour 12 milliards d’euros d’instruments financiers et de contrats d’assurance vie. Il y a quelques années, on parlait du marché des CGP et de la collecte en centaines de millions d’euros. On est passé en milliards, et là on passe en dizaines de milliards d’euros. C’est absolument considérable.
Le marché se porte bien. La situation peut paraître difficile ou confuse, mais de toute façon, pour les CGP, quand la situation est confuse pour les clients, ils ont besoin de conseil. Et quand tout se passe bien, ils ont besoin de conseil. Les clients ont toujours besoin de leur CGP. Donc 2024 va bien, mais 2025 sera encore meilleur, et 2026 sera encore meilleur que 2025, et ainsi de suite pendant encore au moins une dizaine d’années.
Benjamin : Il y a une vague de rachats assez importante, avec quelques grands groupes qui rachètent beaucoup de cabinets. À l’inverse, on voit aussi beaucoup de nouveaux CGP qui s’installent. Quelle est votre vision sur cette partie rachats, fusions, absorptions et concentration du marché ?
Julien Seraqui : Les mots sont très importants. J’entends parfois parler de concentration. Il n’y a aucune concentration du marché de CGP, parce que la concentration, c’est la réduction du nombre d’acteurs. Et comme vous l’avez dit, il y a de plus en plus de CGP. Donc il n’y a aucune concentration, nous sommes en pleine expansion. C’est tout à fait l’inverse.
En revanche, il y a une consolidation, et c’est une très bonne chose. Chaque cabinet de CGP devient de plus en plus solide, de plus en plus important. Évidemment, nos champions, les plus gros CGP, ont maintenant des encours qui se chiffrent en dizaines de milliards d’euros. C’est un phénomène nouveau, et c’est un très bon phénomène, parce que cela permet à ces champions d’aller chasser sur le terrain des banques privées.
Cela permet de faire connaître le métier de CGP à des clients qui sont plutôt habituellement des clients de banques privées, c’est-à-dire des clients de 10, 20, 30, 40 ou 50 millions d’euros et plus, qui connaissent peut-être moins bien le monde des CGP et mieux celui de la banque privée. Ces grands champions que l’on a maintenant dans le métier permettent de faire connaître notre métier à cette population de clients. Cela découlera forcément sur les plus petits, parce qu’in fine, cela redescendra sur la connaissance des CGP.
Benjamin : Quelle est l’actualité de la CNCGP ? Qu’est-ce qui s’est passé en 2024, qu’est-ce qui se passe sur la fin d’année et comment envisagez-vous 2025 ?
Julien Seraqui : Il y a une actualité très chaude, si vous me permettez le terme, puisqu’elle se passe aujourd’hui même. C’est une actualité qui se passe une fois tous les dix ans : nous sommes en train de déménager. Nous sommes en train de prendre de nouveaux bureaux, et ce n’est pas anodin.
Nous prenons des bureaux deux fois plus grands, tout simplement parce que nous avons deux fois plus de permanents. Nous avons deux fois plus de juristes, deux fois plus de personnes à l’admission, deux fois plus de personnes dans les services administratifs à la Chambre, parce que beaucoup d’adhérents nous rejoignent et surtout parce que nous voulons leur offrir le maximum de services.
Les juristes, en cinq ans, sont passés de deux à cinq. Il faut donc pouvoir loger tous ces permanents. Nous sommes 22 aujourd’hui ; quand j’ai été élu président il y a cinq ans, nous étions 11 ou 12. Nous avons donc doublé le nombre de permanents.
Des bureaux plus grands, ce n’est pas que cela. C’est aussi pour nous un coup de publicité. Nous avons pris de grands et beaux bureaux parce que nous voulons montrer que le métier est solide, qu’il est en pleine expansion. Ces bureaux servent aussi à cela.
Enfin, nous avons réfléchi à l’utilité de ces bureaux pour nos adhérents. 70 % de nos adhérents sont installés en province, mais la plupart d’entre eux ont des clients à Paris. C’est parfois difficile pour un CGP qui habite en province de trouver des bureaux pour recevoir ses clients parisiens. Nous allons donc mettre à disposition de nos adhérents des bureaux pour qu’ils puissent recevoir leurs clients. Ce seront aussi des bureaux commerciaux pour nos adhérents.
Benjamin : C’est effectivement très utile pour les CGP de province. Et pour 2025, y a-t-il d’autres projets ou choses qui se présentent ?
Julien Seraqui : Il y a évidemment toutes les réunions que nous faisons habituellement. Nous faisons plus de 60 réunions dans toute la France : des réunions régionales, des universités. Il y a généralement plus de 200 CGP qui s’y rendent. Nous en avons sept l’année prochaine. Ce sont des formations importantes que nous faisons tous les ans.
Il y a aussi le Midsommar, qui s’est maintenant installé dans le paysage. Mais notre ambition pour 2025, c’est de prendre à bras-le-corps la thématique de l’intelligence artificielle. Notre magazine Repères, qui est sorti hier, est consacré à cette thématique. En 2025, nous allons sortir un guide pratique pour nos adhérents afin d’utiliser l’intelligence artificielle ou tous les projets autour de la fintech.
Nous l’avons fait cette année pour le développement durable et la finance durable, et nous allons le faire pour l’intelligence artificielle l’année prochaine. C’est un gros projet. Ce sont des administrateurs de la Chambre qui travaillent sur ce guide, pour donner vraiment des outils pratiques à nos adhérents et savoir comment ils peuvent s’emparer de ce sujet.
Il faut oublier le vieux débat : la machine va-t-elle remplacer l’homme ? La machine ne remplacera jamais l’homme. Nous avons déjà vécu au moins trois révolutions technologiques dans notre métier et la machine n’a jamais remplacé l’homme. En revanche, elle peut l’accompagner, permettre à l’homme de se concentrer sur les tâches à forte valeur ajoutée. Dans notre métier, les tâches à forte valeur ajoutée, c’est évidemment le conseil.
Benjamin : Est-ce qu’il y a autre chose que vous vouliez aborder ou avons-nous fait le tour ?
Julien Seraqui : Je pourrais parler ici pendant une heure.
Benjamin : Le format devait être plus court. Julien, merci beaucoup pour cette interview. On vous souhaite une bonne fin de Patrimonia 2024, plein de bonnes choses et de nouveaux adhérents pour la CNCGP. À très bientôt chez Zoom Invest.
Julien Seraqui : À très bientôt, merci.
Benjamin : Merci Julien, au revoir.