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Analyse des tendances marchés actions : Le point macro d'Auris Gestion.
Auris Gestion : Le point macro d’Auris Gestion.
Aux États-Unis, la croissance est insolente et semble totalement immune au contexte de hausse des taux. Il y a deux principales raisons à cela. La première, c’est le déficit budgétaire, qui a été tout simplement exceptionnel. La seconde, c’est la consommation des ménages, qui a très bien tenu et qui est le cœur de l’économie américaine.
La croissance publiée pour le dernier trimestre 2023 était largement supérieure aux attentes. On attendait 2 %, on a finalement eu 3,3 % en rythme annualisé. La première bonne nouvelle, c’est qu’il y a un acquis de croissance important pour 2024. En plus de cela, la croissance reste dynamique en ce début d’année, notamment parce que les ménages américains regagnent du pouvoir d’achat avec la hausse de leur salaire réel.
Les prévisions de croissance pour cette année ont été revues largement à la hausse, de plus d’un point en six mois. On est actuellement à 1,6 % de croissance pour 2024. Il n’est pas improbable que l’on dépasse les 2 %. Attention néanmoins : cela va être très compliqué de tenir ce rythme et nous anticipons que la croissance va graduellement diminuer au cours des trimestres.
En Europe, on a un peu la situation inverse. On a eu, fin d’année dernière, une croissance économique assez disparate entre les différents pays de la zone euro. On observe néanmoins une forme de resynchronisation grâce au déstockage dans l’industrie. Nous pensons que cette tendance va se poursuivre. En tout cas, c’est ce qui transparaît des données avancées. C’est donc plutôt une bonne nouvelle, parce que la croissance va continuer d’augmenter tout au long de 2024.
Les derniers chiffres d’inflation aux États-Unis sont sortis en hausse et au-delà des attentes. Il faut avoir en tête que deux tiers de cette inflation proviennent des loyers et devraient avoir tendance à se normaliser. En revanche, il est vrai que l’inflation dans les services est encore trop importante pour la Fed et largement au-dessus des 2 %.
Nous pensons néanmoins que le phénomène de désinflation n’est pas remis en cause. Le rythme est juste plus lent, et il faut donc un peu plus de patience.
En revanche, le scénario très optimiste des investisseurs, qui prévoyaient plusieurs baisses de taux pour cette année, a été un peu mis à mal. Il y a eu un repricing de ces anticipations. On est plutôt aux alentours de quatre baisses de taux attendues, ce qui est finalement en ligne avec les anticipations officielles de la Fed.
En Europe, on a également eu ce repricing. On est passé de six baisses de taux attendues en début d’année à quatre actuellement, alors que la tendance, que ce soit en matière d’inflation ou de croissance, n’est pas du tout la même. La grande question, c’est : est-ce que la BCE va avoir le courage d’agir avant la Fed ? Rien n’est moins sûr.
Avec le repricing observé sur les anticipations de baisse des taux, on a vu une forte augmentation des taux souverains, qui ont retracé une grande partie de la baisse de la fin de l’année dernière.
Assez bizarrement, les actifs risqués ont été assez immunes à cette hausse de taux. Au niveau de nos allocations sur les actions en Europe, nous restons plutôt positifs, notamment parce que nous anticipons une accélération de la croissance et que les valorisations restent attractives, aussi bien sur la value que sur la croissance.
Aux États-Unis, nous sommes passés neutres dernièrement, parce que nous pensons qu’il peut y avoir quelques surprises négatives, notamment sur la croissance, où le scénario de soft landing est un peu trop consensuel. Il est vrai qu’aux États-Unis, c’est essentiellement la thématique de l’intelligence artificielle qui tire les marchés, alors que le reste de la cote est un peu moins attractif.
Sur l’obligataire, nous sommes toujours positifs. C’est vrai que nous n’avons plus les taux de rendement que l’on pouvait avoir en octobre dernier. En revanche, historiquement, nous avons toujours des taux de rendement très attractifs.
Comme les niveaux de spreads sont un tout petit peu serrés, nous préférons augmenter la qualité crédit de nos portefeuilles. Nous avons donc une surpondération sur l’investment grade et les subordonnées.