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Entretien avec Joffrey Ouafqa sur Le point macro d’Auris Gestion : les risques et opportunités sous l’effet Trump, Directeur des..
Joffrey Ouafqa : Avec un taux moyen des droits de douane autour de 15 % pour les produits importés aux États-Unis, c’est bien la croissance américaine qui sera la plus pénalisée, même si le risque de récession est désormais modéré.
La croissance pour 2025 dans le pays devrait ainsi approcher les 1,4 %, contre plus de 2 % estimés en début d’année. Le début de mandat de Donald Trump est clairement décevant, puisqu’il a surtout réussi à faire dérailler la croissance avec un PIB négatif au premier trimestre pour la première fois depuis 2022, à cause de la dégradation de la balance commerciale. Il aura aussi réussi à faire perdre confiance aux agents économiques.
Les indicateurs macro à venir permettront vite de savoir si le retournement de veste présidentiel permettra de relancer la machine.
L’Europe a connu un ralentissement modéré de son activité en avril et la dynamique dans les services en Allemagne et en France est à nouveau moins favorable. Les différents plans de relance en zone euro sont donc plus que jamais nécessaires, ce qui permettra en plus d’absorber la secousse des droits de douane.
Le PIB européen pour 2025 devrait croître de 0,8 %, contre 1 % estimé en début d’année. En Chine, les droits de douane à 145 % dans un premier temps ont stoppé le début de reprise de l’activité constaté au premier trimestre. Cela a mis à mal les efforts du gouvernement chinois, qui avait tout fait pour soutenir la croissance en utilisant plus qu’à l’accoutumée l’arme du déficit budgétaire.
Mais la réduction des droits de douane pour le pays à 30 % suggère que l’impact à venir pour la croissance chinoise sera relativement faible.
La Banque centrale européenne a plus de visibilité car l’inflation n’est clairement plus un sujet en zone euro, que ce soit au niveau des produits, des services, ni même des salaires. Elle a donc pu baisser à nouveau ses taux directeurs de 25 points de base à 2,25 %. Nous anticipons encore deux baisses de taux d’ici la fin d’année.
Cela donne d’ailleurs quelques arguments à Donald Trump pour pousser Jérôme Powell à agir et à sortir de l’attentisme. Sur ce point, il n’a peut-être pas tort. L’inflation super core aux États-Unis passe sous les 2 % et les anticipations d’inflation intègrent un effet seulement transitoire des droits de douane sur les prix.
Il nous semble que le virage de la Fed est une condition nécessaire à la poursuite du rebond des marchés actions américains. Les autres marchés profitent à l’heure actuelle d’une visibilité qui nous semble meilleure.