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Entretien avec Joffrey Ouafqa sur Croissance, inflation, banques centrales, classes d’actifs… Le point macro d'Auris Gestion.
Joffrey Ouafqa : Deux fois macro d’Auris Gestion.
L’économie mondiale continue d’être résiliente, mais depuis quelques semaines, les statistiques économiques publiées aux États-Unis surprennent moins favorablement. C’est le cas des ventes au détail, qui progressent peu une fois retraitées de l’inflation, ou encore de l’augmentation du taux de chômage à 3,9 %, contre 3,7 % le mois précédent, qui marque potentiellement un début de retournement du marché de l’emploi.
D’ailleurs, les indicateurs avancés, comme le nombre de postes à pourvoir ou les démissions, se modèrent fortement. Du côté des prix, la désinflation est désormais plus lente, mais les causes de cette lenteur sont bien identifiées : l’inflation des services et surtout des loyers, ainsi qu’une saisonnalité défavorable en début d’année sur les chiffres de l’inflation.
En Europe, comme nous l’anticipions, l’activité semble redémarrer, notamment en Allemagne et en France, les deux locomotives de la zone, qui étaient à l’arrêt depuis plusieurs mois. Le marché de l’emploi reste toujours aussi résilient et la croissance européenne devrait continuer d’accélérer au cours de l’année.
Contrairement aux États-Unis, la désinflation s’est poursuivie et nous sommes désormais proches de l’objectif de la BCE à 2,6 %.
Enfin, en Chine, l’activité se stabilise pour le troisième mois consécutif. Il y a clairement du mieux en matière d’activité domestique, mais c’est un peu moins bon pour le commerce extérieur.
Nous notons que la banque centrale chinoise a baissé le taux de référence des emprunts immobiliers, une nécessité compte tenu de la baisse des prix dans le secteur. Enfin, nous sommes rassurés par la publication positive du dernier CPI. Si le prix des produits reste encore en déflation, notamment à cause des prix alimentaires, les prix dans les services se reprennent nettement.
Concernant les banques centrales, seule la BCE a communiqué à ce jour. En révisant à la baisse ses prévisions d’inflation pour 2024 et 2025 à des niveaux en ligne avec l’objectif de 2 %, la BCE a donné du crédit à une baisse à venir des taux directeurs.
Christine Lagarde a d’ailleurs indiqué que l’institution n’avait pas besoin d’attendre que l’inflation soit à 2 % pour baisser les taux, ouvrant ainsi la porte à une première baisse dès le mois de juin.
La Fed devrait a priori en faire de même, malgré la désinflation plus lente actuellement aux États-Unis. Désormais, les prévisions des investisseurs sont alignées sur celles des banques centrales, ce qui diminue le risque de déception.
Cela explique en partie la remontée des taux souverains, qui sont revenus à leur plus haut de l’année.
Les marchés actions américains continuent d’être bien orientés et il faut se laisser porter, même si la progression est, il est vrai, très rapide et les indicateurs techniques tendus, à l’image de la concentration des premières valeurs du S&P 500.
En revanche, le point rassurant est que ces titres ont une croissance importante de leurs bénéfices, preuve que la progression des cours n’est pas simplement liée à l’augmentation de la valorisation. De même, le degré de participation de l’ensemble de la cote s’améliore, comme le montre le S&P équipondéré, qui se reprend nettement.
La saison des publications de résultats a d’ailleurs été relativement favorable aux États-Unis et cela devrait continuer.
Les actions européennes ne sont pas en reste, malgré une saison des publications moins favorable. Mais les prévisions de croissance des bénéfices pour l’exercice 2024 semblent atteignables à la fois pour l’Europe et pour les États-Unis, puisqu’on attend 5 % de croissance des bénéfices en Europe et 10 % aux États-Unis.
Pour terminer, notons le rebond des actions émergentes, pour une fois entraînées par le rebond des actions chinoises, dont les indices semblent enfin sortir d’un long canal baissier et sur lesquels nous devenons plus constructifs.