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Les intervenants analysent les soutiens et les risques des marchés actions sous la présidence Trump.
Dans cet échange, les intervenants identifient la présidence Trump comme un facteur devenu structurant pour les marchés actions, entre pression potentielle sur la Fed, relance budgétaire possible et incertitude commerciale.
Leur lecture reste constructive à court terme, mais elle s’accompagne de risques précis : crédibilité de la Fed, dégonflement de l’engouement pour l’IA, dette privée et valorisations élevées.
Pour moi, un gros risque, ça reste la succession de Powell et les dissidents qui auraient plusieurs décisions du FOMC. Notre scénario, c'est que quels que soient les membres, ils voudront garder une forme de crédibilité dans leur legacy. Mais ça reste quand même un risque qui est pas neutre, à la fois pour les Etats-Unis, pour le dollar, pour les taux, pour tout. Ça, c'est peut être un risque majeur. Et le deuxième risque, c'est bien sûr une dégradation des tensions commerciales, et on a vu l'impact que ça a eu sur les prises de commandes dans l'industrie. Rappelons un chiffre : la création d'emplois dans le privé aux Etats-Unis, c'est le pire niveau depuis 2009.
Donc on a vu l'impact sur l'économie réelle – donc ça, bien-sûr, le président américain n’en parle pas – sur la création d’emplois, parce qu'il y a eu un manque de visibilité pour beaucoup d'industries, qui ne savaient pas quoi faire pendant de nombreux mois. Donc c'est ce que les marchés détestent, c'est l'incertitude. Donc c'est le deuxième risque que je vois en 2026. Aymeric, ça peut être... Si c'est aussi Powell, c'est pas grave, on va avoir les mêmes. Ça fait partie des risques effectivement à évoquer. Et je dirais... Une crise de confiance sur la Fed et le fait que le marché ne croit plus en la capacité raisonnable de la Fed, d'avoir ses propres convictions et de faire autre chose que ce que lui dit le président.
Finalement, le risque d'erreur de politique monétaire avec des baisses de taux qui soient excessives par rapport à ce que nécessite une économie. Exactement. Et comme le disait Karen, il y aura des réactions en chaîne potentiellement très très fortes, avec un dollar sous pression. Donc je pense que c'est un point à avoir à l'esprit. Le second, j'hésite entre un dégonflement brutal, non pas de la bulle, mais de l'engouement sur l’IA. Il pourrait être catalysé par différentes choses, notamment des problèmes de financement, de data centers etc.
Mais si il y a un dégonflement, il y a eu un tel effet de richesse apporté par la hausse des marchés actions, auprès des ménages américains, qu’on pourrait avoir un effet de richesse négatif, qui impacterait la consommation et qui du coup, aurait un phénomène récessif qui s’auto-entretiendrait. Et donc là, effectivement, je pense que c'est aussi un point d'attention à avoir à l'esprit. Et puis l'autre risque à mon sens, mais je ne le vois pas exploser en 2026, c'est le marché de la dette privée, qui est booming depuis 15 ans. On a eu quelques petits pépins l'année dernière avec Flashbrand et Tricolor. De fait, on a du mal à penser qu'il n'y ait pas eu de complaisance, chez les fonds d'investissement spécialisés en dette privée.
D'autant plus qu'ils ont eu la couverture du risque. Ce sont des fonds qui sont encore assez peu matures, qui n'ont pas encore traversé de downcycles côté crédit, et on se dit que là aussi, c'est peut être là que sont les germes du prochain chaos financier. On a une vision qui est plutôt positive à court terme sur les marchés actions. Il y a cette combinaison entre accélération, réaccélération de la croissance bénéficiaire aux Etats-Unis, plus des perspectives d'assouplissement monétaire. Et quand on a ces deux forces qui travaillent en parallèle, c'est très rare d’avoir des marchés actions qui ne progressent pas. Donc, on a un set up, on a un environnement, qui nous paraît propice pour l'appréciation des marchés actions.
Et à cela, on peut rajouter le fait qu'il y a ces fameuses Midterms, en novembre prochain, qui sont un enjeu majeur pour Trump. Il en fait une question quasiment d'égo, et il est prêt à tout pour gagner ou pour sauver le score, quitte à faire des relances de dépenses publiques, par la demande, comme on dit, donc du keynésianisme, ce qui n’est pas forcément son école de pensée à lui. Il a évoqué récemment la possibilité d'envoyer un chèque de 2 000 $ à certains types de ménages. On parle de 400 à 500 milliards de relance directe avec ça. Donc, c'est une façon d'acheter le vote, ni plus ni moins.
Si on met bout à bout, le easing, le cycle de facilitation monétaire, l'accélération de la croissance bénéficiaire, et cette relance par la demande, on à un environnement qui est très porteur pour les marchés actions. Maintenant, il faut garder à l'esprit que les marchés sont assez chers d'un point de vue historique et que ce n'est pas en-soi un critère pour vendre le marché, mais en revanche, on sait que le jour où ça se retourne, et bien, on a créé plus de potentiel de baisse, de correction, plus le marché est cher. Donc, c'est un point d'attention, je pense, à avoir à l’esprit. Il y a peut être un petit point de divergence avec Karen, c’est sur l'inflation.
Nous on pense qu'on est plutôt sur un pic, aujourd'hui au T1, on a le gros des effets des tarifs, et que ça devrait commencer à se tasser par la suite. Mais globalement, on est quand même assez convaincus que même si on avait tort sur l'inflation, que le cycle de baisse des taux allait s'enclencher pour des raisons de dépendance de la Banque Centrale aux politiques américaines. On est très positifs sur l'Europe. On l'est depuis l'année dernière, même en début d'année 2025. - Donc, on reste sur ce maintien d'un biais... - Plutôt bien vu. Pardon ? Plutôt bien vu, du coup. Merci. Donc, on est très positif sur l'Europe, au-delà de la valorisation. Je trouvais Aymeric un tout petit peu dur sur l'innovation.
En effet, on n'a pas les champions de la Tech en Europe, très peu malheureusement, quelques-un mais pas beaucoup. Mais en tout cas dans les grands groupes industriels, on a quand même quelques champions. Je ne vais pas citer de noms, on les devine, français ou allemands par exemple, ou italiens. Donc là, on est quand même positif sur ces grands champions qui ont en général, justement, un maillage mondial et qui ont justement, on parlait en début de vidéo, de l'approche locale locale, qui ont souvent cette approche-là, et qui sont relativement immunes au sujet des tarifs. Donc, déjà, il y a ces champions-là.
Il y a des grands plans, on n'en a pas parlé, de relance, il y a le plan de défense allemand, dont Aymeric parlait, qui a souvent de manière académique, historiquement, lorsqu’il y a des plans de défense, il y a des conséquences positives pour d'autres pans de l'économie. Et il y a le plan d'infrastructure allemand. D'autres plans devraient peut être suivre, en tout cas, c'est notre sentiment. On est dans cette logique-là. On parlait de la croissance économique de l'Europe du Sud, qui est quand même en très bon état aujourd'hui. Donc il y a une marge de manœuvre. Il y a ces aspects-là, il y a le fait que justement, on est peut être trop négatifs sur la zone euro.
À la fin 2025, je crois que le consensus tablait sur 1,1% comme croissance, ce n’est pas grand chose. Donc, on est quand même plus positif... Le risque est encore asymétrique sur des bonnes surprises en zone euro.