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Cette table ronde met en lumière un marché qui reste résilient malgré un contexte géopolitique et macroéconomique tendu. Les intervenants soulignent que le Moyen-Orient concentre l’attention, mais qu’il ne constitue pas la seule source d’incertitude : dette privée, liquidité, consommation américaine, taux longs et concentration des indices restent des points de vigilance majeurs.
Le choc énergétique est analysé comme potentiellement stagflationniste : l’inflation est déjà bien intégrée par les marchés, mais le ralentissement de la demande pourrait être sous-estimé. Face à ce contexte, les stratégies évoquées privilégient la sélectivité, le portage obligataire, les taux courts, certains marchés émergents, la Chine domestique, le Japon, les secteurs européens liés à la souveraineté et le crédit bien choisi.
Nina insiste sur le fait que le conflit au Moyen-Orient masque d’autres incertitudes, notamment autour de l’IA et de la dette privée. Elle observe un optimisme conditionnel : les actifs risqués ont effacé une partie de leurs pertes, mais le pétrole reste élevé, les craintes inflationnistes persistent et les anticipations de taux se sont ajustées. Dans les portefeuilles, elle défend une approche très sélective sur les actions, autour des valorisations, des chaînes d’approvisionnement, du pouvoir de fixation des prix et d’une faible exposition au Moyen-Orient.
Kevin qualifie le contexte de stagflationniste : le pétrole plus cher agit comme une taxe sur le consommateur, tandis que la croissance peut ralentir. Il reste attentif aux pressions économiques, à la liquidité, aux taux longs et à la situation du consommateur américain. Côté allocation, il identifie trois leviers : les actions, notamment émergentes et chinoises, les taux courts et le crédit bien choisi.
Anthony estime que le marché est encore trop optimiste sur le coût économique du choc. Selon lui, les anticipations d’inflation sont bien prises en compte, mais pas suffisamment la transmission vers le ralentissement de la demande. Dans son allocation, il privilégie une lecture multipolaire : Chine domestique, Japon, secteurs européens liés à la souveraineté, utilities, infrastructures et banques, avec une prudence persistante sur les actifs américains et le dollar.
... Ce qui fait beaucoup d'événements cumulés, c'est compliqué pour nous, professionnels de la gestion de patrimoine, de transmettre ça à nos clients. Donc on a besoin de vos lumières. Par exemple, est-ce que le Moyen-Orient, c'est la seule source d'inquiétude qu'on doit avoir en ce moment et sur laquelle il faut se focaliser ? Est-ce qu'il y en a d'autres ? Donnez-nous un peu votre lecture. Nina, je vais te laisser commencer. Merci beaucoup. Bonjour à tous. Je suis ravie d'être parmi vous aujourd'hui. C'est vrai qu'on a un air de déjà-vu, puisque, à cette même période l'année dernière, on se parlait sur un autre thème. C'étaient les droits de douane. Mais les choses sont un peu différentes aujourd'hui, mais toujours autant d'incertitudes.
Alors je commencerai par la deuxième partie de ta question. Non, ce n'est pas la seule incertitude. C'est certainement celle qui prend le devant de la scène aujourd'hui et depuis quelques semaines et qui peut masquer, partiellement en tout cas, des incertitudes qui sont plus structurelles autour de l'IA, notamment les incertitudes autour de la dette privée. Le private capital, c'est quasiment la moitié de nos encours. Donc c'est quelque chose qu'on regarde de très près. Il y a autant d'articles de presse en ce moment sur la dette privée que sur le conflit au Moyen-Orient. Mais peut-être par souci de temps de parole et de cohérence, je resterai peut-être sur le sujet du Moyen-Orient.
C'est vrai que c'est très difficile aujourd'hui d'avoir une lecture assez claire sur la suite et je mets tous les avertissements et disclaimers en gros, en gras, en large, puisque tout ce qu'on dit là maintenant peut changer dans les deux prochaines heures. Mais c'est vrai que si on prenait une petite pause, on regarde un petit peu ce qui se passe. C'est vrai qu'il y a eu un élan d'optimisme suite à l'annonce d'un cessez-le-feu la semaine dernière avec finalement les actifs risqués d'une part qui ont effacé une part assez significative des pertes qui avaient été accumulées depuis fin février, mais un optimisme qui semble assez conditionnel aujourd'hui, un marché qui semble, je dirais, arbitrer entre la perspective d'une désescalade crédible d'un côté et un scepticisme persistant.
Et c'est quelque chose qu'on voit notamment sur, par exemple, les prix du baril qui ont baissé par rapport au point haut de plus de 110 dollars, mais qui restent aujourd'hui, stagnent autour de 95, 100 dollars le baril, en tout cas à des niveaux beaucoup plus élevés que pré-conflit, et des craintes inflationnistes qui restent, qui demeurent. On a encore un marché qui intègre plus de deux hausses de taux du côté de la BCE cette année, versus zéro pré-conflit. Un changement de politique monétaire aussi attendu du côté de la Fed, on s'attendait à deux, trois baisses de taux environ. Aujourd'hui, le marché s'attend à zéro. Et un mouvement de taux qui restait finalement assez contenu depuis l'annonce du cessez-le-feu, en tout cas des taux qui restent largement supérieurs à ce qu'on avait vu pré-conflit.
Donc des classes d'actifs qui racontent des choses assez différentes. Mais ce qu'on a quand même malgré tout envie de dire sur cette thématique-là, c'est qu'évidemment, l'incertitude reste totale et la nervosité reste très palpable. Malgré tout, il semblerait qu'il y ait quand même une certaine volonté de négociation entre les États-Unis et l'Iran. On peut aussi croire que Trump n'a peut-être pas envie d'avoir un retour inflationniste trop conséquent dans son économie à l'approche des midterms. Là aussi, je fais appel au disclaimer que j'évoquais au tout début du webinaire. Mais voilà, en tout cas, même si le choc énergétique pourrait s'atténuer en cas d'accord, les répercussions sur l'inflation pourraient mettre beaucoup plus de temps à s'estomper.
Ok, merci beaucoup, Nina. C'était très clair, Kevin. Est-ce que tu... J'imagine que tu partages une partie de cette analyse. Qu'est-ce que tu as envie de nous dire ? Oui, enfin, plusieurs choses. Nina parlait d'inflation, si on utilise des gros mots d'économie, c'est plutôt de la stagflation. Ailleurs, parce qu'on a quand même des prix plus élevés d'un côté et moins de croissance de l'autre, des prix du pétrole plus élevés qui vont un petit peu être une taxe pour le consommateur. Si on regarde les marchés, là, où on se parle, on pourrait dire que si j'étais trivial, les marchés se moquent. Là aussi, si on regarde les marchés, regardons un petit peu au-delà de ça.
Si on regarde le niveau du S&P 500, par exemple, aujourd'hui, voilà, on est presque à 6 000 points. On était à 5 950 points avant fin février. On peut faire le même constat sur les primes de risque sur les marchés du crédit. Donc la question, c'est pourquoi ou comment est-ce qu'on en est arrivé là ? Donc, Nina, on a parlé de cette idée de désescalade, la nouvelle reculade de Trump, le fameux TACO, on commence à... la dynamique, ça va être quand même bien intégré par les marchés. Et puis, on a quand même un risque extrême qui s'efface, avec ses débits, pour parler. Donc, voilà, les menaces d'éradiquer une civilisation plurimillénaire qui semblent être remises à, on va dire, qui s'écartent.
Donc, ça, c'est un élément. Comme facteur d'attention, c'est que Nina, elle a parlé de la désescalade militaire. Le risque, c'est quand même qu'on ait une escalade des pressions économiques avec ces nouveaux blocages. Et ça coupe la Chine d'à peu près 2 millions de barils le jour. Donc, ça veut dire que là aussi, il y a des répercussions qui vont au-delà de ce qui se passe au Moyen-Orient. Alors, sur qu'est-ce qu'on peut en voir ou qu'est-ce qu'on peut essayer d'en voir ? Je crois que les marchés, ils voient quand même les bonnes nouvelles. C'est peut-être l'objectif ou le principe de fonctionnement d'un marché d'actions. C'est-à-dire que Nina, on a parlé, les anticipations de politiques monétaires, elles sont fortement...
elles sont fortement remontées. Donc là, le marché dit quoi ? Il dit, en fait, les anticipations de taux, elles sont trop remontées. Deux hausses de taux, voire plus de deux hausses de taux et un début de deux hausses d'ici avril. D'ici avril, c'est trop et donc elles vont baisser. Donc ça, ça va aider les marchés d'actions. Dans le même temps, on a quand même vu les fondamentaux, donc les perspectives de bénéfices par action qui sont remontées. Alors, le secteur de l'énergie, on comprend bien, ils sont au-delà de 40 %, mais ça se voit aussi ailleurs et ça, sur la durée du conflit, c'est-à-dire que sur six semaines, on a au niveau des indices, qu'ils soient européens, américains, mondiaux, une remontée des perspectives de bénéfices par action.
Donc ça, c'est le contexte Moyen-Orient. Après, on parlait des autres facteurs de risque, mais il y a le secteur privé, le secteur du crédit privé. Voilà, on a des taux de défaut qui sont... Enfin, ça fait écrire beaucoup de papiers. Il y a des inquiétudes, je crois que ce n'est pas tant que ça les taux de défaut, l'inquiétude, parce qu'ils sont autour de 5 % anticipés. Et on a quand même des très grosses émissions là-dedans, notamment sur des prêts automobiles ou sur des prêts aux PME en Angleterre, qui viennent un peu déformer cette hausse des taux de défaut. Je crois que le risque, c'est plutôt qu'on ait une baisse de liquidité, qu'on ait des banques qui prêtent moins, et puis surtout des émissions obligataires qui viennent sur les marchés du crédit public, ou syndicated, et moins sur les marchés du crédit privé.
Ça, c'est un facteur d'attention. Le deuxième, c'est l'impact négatif que ça peut avoir sur les effets richesse. Et ce que je veux dire par là, c'est qu'on a quand même une faiblesse des consommateurs, ou des consommateurs qui sont quand même moins enclins à dépenser qu'ils ne l'étaient par le passé, notamment aux États-Unis. 35 % des Américains qui ont des factures en retard. Donc ça, c'est un autre facteur de vigilance. Et le troisième, c'est la vigilance des marchés obligataires avec le risque de voir des taux longs remonter. Et juste pour finir, il n'y a pas que des mauvaises nouvelles. Il y en a peut-être aussi des bonnes, et je crois qu'une des bonnes nouvelles, c'est notamment que la Chine, sans doute, sort comme gagnante relative de cette séquence.
Et ça, je pense qu'on peut le saluer. On aura l'occasion de le faire. Ouais, ce sera justement des éléments intéressants dans le cap qu'il faudra prendre. Anthony, c'est compliqué d'arriver toujours le troisième sur cette partie un peu contexte. Je t'ai vu opiner du chef, dans le bon sens, plusieurs fois. Tu partages, j'imagine, cette analyse. Je vais te poser la question un peu différemment. J'ai entendu Nina et Kevin. On est donc bien d'accord que c'est quand même assez complexe et assez chahuté. Comment tu peux nous résumer finalement un petit peu tout ça et ajouter évidemment ta patte ? En effet, je pense que beaucoup d'éléments apportés par Nina, Nina et Kevin sont très pertinents et le marché est résolument optimiste dans le contexte actuel.
Pour nous, le gros sujet, c'est en fait l'impact en termes de demande. C'est un effet. On a eu désormais des anticipations d'inflation qui se sont remontées assez fortement et nous, on a plutôt tendance à considérer que que la partie coût économique est par contre assez mal intégrée à ce stade dans les marchés et qu'en effet, la remontée notamment des anticipations en termes de hausse de taux BCE, de plus de mouvements sur les taux côté Fed. On est sûrement dans un contexte où on pourrait avoir des surprises plutôt baissières, en fait, plutôt baissières sur les politiques monétaires parce que selon nous, le marché ne se pose pas véritablement la question du coût en termes de croissance de ce qu'on est en train de vivre au Moyen- Orient.
Alors certes, ce qui va se passer, la volatilité des tweets et des posts sur Truth Social va avoir beaucoup d'impact sur ce que je dis. Donc je prends les précautions de langage nécessaires autour de tout ça. Les disclaimers de Nina. Les disclaimers de Nina, je les reprends. Merci Nina. Et par contre, objectivement, si on raisonne purement macro, purement éco et qu'on sort de tout ce bruit-là, on a quand même tendance à considérer que le verre n'est pas totalement à moitié vide. Il y a des facteurs qui sont positifs, mais honnêtement, sur notamment la dynamique de croissance aux États-Unis, je pense que le coût de l'énergie est quand même une courroie de transmission qui est non négligeable au niveau du consommateur, qu'on est déjà dans un contexte économique où on a cette économie très divergente, en ce sens où on a toute une partie des consommateurs américains qui étaient déjà pris à la gorge à la fin de l'année dernière et que ce qui est en train de se passer est non négligeable en termes de projection de la demande américaine.
On voit d'ailleurs dans les chiffres de début d'année qu'il y a une partie de cette demande qui ralentit, on voit que le marché de l'emploi n'est pas forcément au mieux, plutôt en phase de stagnation et on a même certains secteurs qui tiraient, qui faisaient tenir le marché de l'emploi, notamment le secteur de la santé, qui commencent à ralentir sur certains de ces piliers. Donc c'est plutôt ça qui nous inquiète encore, mais qui en tout cas, on suit très très près parce que la courroie de transmission entre ce coût économique et le ralentissement de la demande nous semble vraiment une clé pour les semaines à venir. C'est donc... Vas-y, je t'en prie.
Non, non, je t'en prie, vas-y, vas-y, vas-y. Pour résumer, en fait, le sujet, il est vraiment là, il est sur la transmission de ce choc d'inflation, comme le disait Kevin, c'est plus stagflationniste que purement inflationniste et pour l'instant, je pense que la partie jambe d'inflation a été bien intégrée, par contre la partie ralentissement de la demande ne l'est pas. Et donc on a clairement un sujet qui est lié aux conditions financières. C'est un élément qui a déjà été abordé, mais c'est ça qui a été une transmission directe de la vigueur économique américaine. Et si malgré tout, on a un ralentissement à ce niveau-là, on a un sujet pour les prochains mois qui est un déstabilisateur de marché, notamment côté U.S.
OK, OK, donc prudence, mais c'est peut-être comme le disait Kevin aussi l'occasion pour d'autres zones géographiques de tirer leur épingle du jeu si pour une fois, les U.S. ne sont pas à la fête. OK, très bien, merci beaucoup pour tout ça. Dans cet environnement, comme on le disait, je vais vous demander parce que le principe, quand même, c'est trouver comment on a utilisé ce terme, parce que j'aime bien ce cap. Parce que quand on est bien avec les Américains, finalement, ce n'est pas très compliqué, c'est quand les vagues se compliquent, quand il y a de la houle, qu'on voit un peu comment vous vous débrouillez. Moi, je suis ravi qu'on se retrouve aujourd'hui pour en parler.
Est-ce que vous pouvez partager avec nous un peu vos stratégies, alors les stratégies actuelles et finalement les futurs leviers pour que vous vous adaptiez finalement vos nombreux fonds pour certains, vos stratégies pour d'autres au contexte. Justement, je vais demander à Anthony de démarrer là-dessus, parce que je vous l'ai inversé tout à l'heure. Donc on va repartir sur Kevin, pardon, plutôt qu'Anthony, sur le principe. Tu parlais de la Chine, est-ce qu'on part sur finalement ces fronts-là ? Oui, c'est-à-dire que tu parlais de leviers, moi, j'en vois trois des leviers. Donc il y a un levier qui est les marchés émergents au premier rang de la Chine qui, c'est quand même, on va dire, relativement prémunie ou qui a pu s'isoler du choc de matières premières.
Pourquoi ? Parce qu'il y avait des réserves importantes d'une part, parce qu'elle a quand même bien entamé sa transition et sa transition énergétique d'autre part. Et puis c'est quand même un super acteur de tout ce qui est batteries, véhicules électriques qui, sans doute, on verra quand la tension se sera calmée, mais sans doute feront partie des implications, des gagnants de long terme de ce choc-là. Donc ça, c'est un élément. Je crois que sur les marchés émergents, la nature du choc, ce n'est pas bon pour tout le monde. On a parlé de stagflation. Pour autant, il y a certaines économies émergentes, notamment en Amérique latine qui s'en sortent mieux.
On prend des économies qui sont exportatrices de matières premières énergétiques, le Brésil, l'Argentine, la Colombie. Et puis, on a aussi des géants du secteur technologique, je ne sais pas, des TSMC, Hynix en Corée et Samsung qui ont des marges entre 50 et 60 %, et pour qui le coût de l'énergie, ça représente à peu près 3 % de leurs dépenses. Donc ces entreprises-là, elles devraient commencer à bien se comporter. Donc ça, je crois que c'est un levier. Et globalement, les marchés d'actions, je crois que c'est aussi un levier de performance dans l'environnement actuel. L'autre levier, on en a un petit peu parlé, c'est les marchés de taux. Les marchés de taux courts, on va dire des obligations allemandes à deux ans, si on doit identifier des instruments.
Pourquoi ? Parce que, dans ce que disait Anthony, il n'y a que cette idée que ce choc d'offre, il se transforme en choc de demande. Et donc, si on n'a pas une boule de cristal, mais on essaie d'envisager différents scénarios, j'ai un premier scénario où le conflit se prolonge et donc ça vient mordre ou peser sur la croissance économique. Et donc, c'est compliqué dans un environnement de pression récessive, de se dire qu'une banque centrale va normaliser sa politique monétaire, donc remonter ses taux d'intérêt, ou en tout cas aussi fortement que ce qui est anticipé. Donc ça devrait fonctionner dans ce cadre-là. Et puis, s'il y a un apaisement rapide, là aussi, on devrait avoir un reflux du prix des matières premières, et donc des banques centrales qui voient cet épisode comme un épiphénomène et qui regardent au travers de ça, et donc qui ne remonteront pas leurs taux d'intérêt aussi fortement que ce qui est anticipé.
Donc moi, j'aime bien les taux d'intérêt de court terme. Et puis, il y en a un troisième, voilà, un peu à la croisée des actions et des taux, c'est le marché du crédit bien choisi. On arrive, voilà, avec du crédit avec ou sans maturité, à avoir des portefeuilles avec des rendements, allez, entre 5 et 5,7 % pour une notation moyenne qui est triple B, donc c'est quand même pas mal. Et ça, sans faire de crédit privé, sans faire de logiciels, investir sur des sociétés ou des secteurs qui sont plutôt chargés en actifs et qui ont une obsolescence, on va dire, assez faible. On pense aux secteurs de l'énergie, on pense aux services, aux collectivités. Voilà, je ne sais pas, une obligation, une perpétuelle, Engie.
On revient sur des socles classiques, en fait. Exactement. On va exposer à l'IA, on va exposer aux mutations. Exactement. Et avec une perpétuelle, Engie, ou ENI, ou Total, Imerys, si on prend des entreprises françaises dans le secteur des matériaux, on arrive à avoir des rendements autour de 5 %. Et ça, quand on n'a quand même pas forcément beaucoup de visibilité, ou en tout cas pour des investisseurs qui craignent ce qui peut se passer, le rendement à maturité ou le rendement au pire, c'est quand même une bonne indication de quelle peut être l'espérance de gain sur un actif financier. Donc, des taux courts, des actions et du crédit. Parfait, impeccable, merci beaucoup.
Donc là, comme je vous avais inversés, je vais reposer la question, Anthony, puis je garderai Nina pour terminer. Quel cap qu'on suit finalement chez Amplegest, est-ce qu'on change complètement sa stratégie ou simplement on choisit peut-être dans les différentes stratégies, une stratégie moins offensive, si j'ai bien compris tout à l'heure ce que tu nous expliquais ? Anthony, c'est génial. Écoute, objectivement, on ne change pas notre fusil d'épaule parce que ce qui se passe au mois de mars, c'est un élément qui renforce malgré tout notre lecture du régime actuel. Juste pour faire un très bref rappel, on considère vraiment qu'on est dans un cycle ou dans un régime de marché, en fait, où tu as une économie mondiale qui repose sur deux piliers centraux, qui sont une recherche d'indépendance, ça se joue sur l'aspect monétaire, sur l'aspect énergétique, voilà, c'est les sujets de la souveraineté, tout le monde en parle, mais d'un point de vue économique, c'est une réalité très visible et une confrontation assez directe entre, on va dire, les U.S.
et la Chine pour simplifier, notamment sur la tech. Et donc, le sujet du Moyen-Orient, c'est un élément additionnel dans ce régime-là, et c'est une dynamique qui est déjà à l'œuvre depuis pas mal de mois. Et donc, on est simplement dans la continuation sur cet aspect-là. Et donc, dans cette lecture, le conflit, il ne fait pas du tout changer le fusil d'épaule, et c'est simplement qu'on est dans un régime où on est relativement prudent, nous, sur les actifs américains pour schématiser. On aime beaucoup certaines des actions évoquées par Kevin, déjà, mais sur les marchés émergents, on aime beaucoup la Chine domestique, parce qu'on a un mix énergétique qui est déjà très diversifié en Chine et surtout qui se diversifie à vitesse grand V, avec énormément de projets sur les énergies vertes, sur l'hydroélectrique.
On a certaines économies qui sont aussi domestiques, comme une partie de l'économie japonaise, où on est dans un cycle d'inflation nouveau, alors certes, qui va être certainement encore ravivé avec le sujet du conflit. On voit que le Japon a beaucoup corrigé au mois de mars, et nous, on a plutôt mis ça à profit pour renforcer nos positions sur le Japon. Donc, c'est des convictions de moyen terme qui nous sont particulièrement attractives aujourd'hui, et de la même manière, en Europe, on aime beaucoup certains secteurs domestiques. Donc, domestiques qui sont assis sur des flux d'investissement publics qui ont pour objectif de renforcer les deux piliers que j'ai évoqués, à savoir, voilà, plus de l'indépendance, notamment sur l'aspect énergétique.
Donc, on aime les services aux collectivités, les utilities, on aime les infrastructures, on aime aussi les banques, même si on les a réduites en mars pour des sujets de gestion du risque. Tous ces secteurs domestiques, c'est vraiment des éléments d'allocation qui nous semblent clés, et donc, de manière un petit peu multipolaire dans nos allocations, voilà, on joue des secteurs domestiques européens, on joue la Chine domestique, on joue le Japon avec certains secteurs très domestiques aussi, et on va chercher cette granularité. Et par ailleurs, on reste prudent face à l'évolution du dollar. Donc, on a assez peu de dollars dans nos allocations, même s'il fallait en avoir un minimum au mois de mars pour contrecarrer un petit peu le mouvement.
Ça, c'est vraiment une vision de moyen terme qui n'a pas évolué, si tu veux, malgré ce qui s'est passé au mois de mars. Et au contraire, on a mis la volatilité du marché à profit pour renforcer ces axes-là. Et juste pour ajouter un petit point sur l'économie américaine, parce que c'est quand même une économie directrice au niveau mondial, par rapport notamment aux dynamiques de révision bénéficiaire, dont on parle beaucoup, et c'est vrai que la tech révise fortement, les secteurs de l'énergie avec ce qui se passe au mois de mars révisent très fortement. On a aussi les utilities qui révisent très fortement, mais si tu regardes en fait, hors de ces trois secteurs, tout le reste, ça révise marginalement à la baisse.
Et c'est ça qu'on ne voit pas quand on regarde l'indice de manière agrégée, parce que la tech tire les révisions bénéficiaires au niveau de l'indice. Mais en fait, si tu regardes le message économique sous-jacent, il n'est pas forcément si vert que ça. Évidemment, les indices américains, ils sont compliqués, c'est plusieurs fois qu'on en parle sur ces tables rondes de Zoom Invest, parce que quand ça monte, évidemment, on a l'impression que tout va bien, mais en fait, c'est tiré principalement par la tech, on va se le dire. Mais dans l'autre sens, c'est la même chose. Et donc, on oublie qu'il y a quand même des pans entiers de l'économie qui se comportent plutôt bien et donc, il y a des opportunités, c'est plutôt rassurant.
Merci de cette précision. Nina, c'est ton tour. Je suis ravi de t'avoir, parce qu'on va parler... J'avais besoin de vous parler de stratégie, donc ça tombe bien. Comment tu te dis que vous vous positionnez pour les prochains mois, est-ce que tu peux nous faire un point assez large, finalement, des grandes stratégies que tu vises ? Je vais rebondir sur ce qui a été dit, c'est qu'il y a une très forte dispersion sur le marché. C'est quelque chose qu'on voit particulièrement sur les actions. Quand on regarde finalement le rebond, il a été tiré essentiellement par les secteurs assez cycliques, donc l'industrie, tout ce qui est consommation discrétionnaire, les bancaires.
Les secteurs défensifs, donc la santé, consumer staples, finalement, ils n'ont pas vraiment joué leur rôle d'amortisseur à la baisse, ne rebondissent pas non plus énormément depuis l'annonce du cessez-le-feu. Le secteur des logiciels et de la tech, ils vivent un peu leur vie en parallèle. Donc il y a beaucoup de choses qui se passent, très forte dispersion là-dessus. La manière dont on va regarder, en tout cas, le marché equity en particulier, on va avoir une approche très fondamentale, très sélective, très tournée vers la sélection de valeurs, qui va être notamment articulée autour de quatre piliers, les valorisations. On va être très disciplinés là-dessus, très disciplinés sur les points d'entrée, privilégier les sociétés qui ont des valorisations non excessives.
Les chaînes d'approvisionnement, donc chercher des entreprises qui sont dotées de chaînes d'approvisionnement plutôt résilientes. Troisième pilier, le pouvoir de fixation des prix, donc aller chercher des entreprises qui ont un réel pouvoir de fixation des prix. Et puis les sociétés qui sont assez peu exposées au Moyen-Orient. Donc qu'est-ce que ça veut dire tout ça et quels ont été les mouvements qu'on a mis en place dans les portefeuilles ? D'une part, au mois de mars, on a fait deux choses. On s'est renforcés sur certaines valeurs de la défense européenne. C'est un univers qu'on aime beaucoup. Alors ça a déjà été évoqué par mes collègues. Ça fait partie de cette thématique large de souveraineté européenne.
Mais c'est vrai qu'un peu contre-intuitivement, certaines de ces valeurs ont sous-performé pendant le conflit. Et donc on en a profité pour se renforcer sur certains noms d'une part. Et d'autre part, alors contrairement à ce qui a été évoqué, on est revenus un petit peu sur les bancaires européennes courant mars. Début février, on a une approche assez différente. On a regardé les valeurs industrielles. On a eu plutôt tendance à prendre profit sur tout ce qui a plutôt bien marché. Donc je pense à des Iberdrola, l'Air Liquide, Terna qui est un peu le RTE italien pour réallouer vers les industriels qui ont plus souffert, les Legrand, les Schneider, les Siemens, etc.
Et on reste assez investis sur la tech américaine. En même. En même. Donc d'ailleurs les valorisations se sont pas mal normalisées ces derniers mois. Et puis je finirai par le crédit. Je rejoins ce qui a été dit notamment par Kevin. Là, on a un discours assez différent de ce qu'on peut voir sur les actions. On a une résilience assez remarquable de la classe d'actifs, des primes de risque qui sont assez peu écartées. Et donc ça confirme un peu cette thèse et l'intérêt du crédit dans une allocation pour notamment son portage, le coupon et la génération de revenus qu'on peut avoir grâce au crédit. OK, très bien. Merci beaucoup. Comme vous le savez, moi j'aime bien qu'on termine avec du concret.
Pour traduire un peu tout ça parce qu'il est déjà 12h25, et c'est pardon, pour travailler sur du concret et traduire un peu ce que vous nous avez dit parce qu'il nous reste peu de temps, en 1h30. Est-ce que vous pouvez quand même nous partager la ou les solutions qui caractérisent au mieux ce que vous venez de nous dire, en fait grosso modo, pour qu'on puisse nous très clairement demain, soit ne rien toucher à nos allocations pour nos clients, soit faire les bons arbitrages sans s'énerver, parce que je pense que ça ne sert à rien de tout changer. Je vais faire commencer Anthony puisque j'ai changé un peu les ordres. OK, alors il y a deux convictions concrètement.
C'est la première, je n'en ai pas trop parlé, mais je rejoins mes collègues. C'est sur le crédit. On considère qu'il y a une opportunité véritablement puisque je le disais, il y a eu un choc d'inflation, mais on considère plutôt que les banquiers sans doute vont être au soutien à horizon quelques mois. Et donc on met en avant notre fonds Octo Rendement 2031. C'est un fonds à maturité où on a vraiment une fenêtre attractive qui est revenue avec des primes de risque qui sont robustes. Et en plus, on a une vue beaucoup plus constructive sur la duration. Donc c'est vraiment le moment Octo Rendement 31. Et par ailleurs, dans nos stratégies flexibles diversifiées, on met en avant notre fonds Nova Dynamics, qui est vraiment un fonds d'exposition marchés actions internationaux avec beaucoup de granularité dans nos allocations pour rejoindre tout ce que je disais sur le Japon, sur la Chine domestique, sur les secteurs domestiques européens.
Nova Dynamics, aujourd'hui, il est pleinement investi depuis deux semaines. On a 100 % d'exposition actions et on a des biais très marqués, notamment sur le secteur des minières, toute la sphère énergétique et les paris géographiques que je mets en avant. À 4 % de performance depuis le début de l'année. Là, on a un produit qui a vraiment du jus, on va dire, dans le contexte actuel. Donc une vision assez dynamique au final. Très bien. Merci beaucoup, Anthony. Il y a un exercice. Alors c'est dur parce que je fais le petit PO. C'est compliqué, mais vas-y. C'est la responsabilité de choisir. Tu m'attendais avec tes collègues, c'est bien. La solution que je voulais mettre en avant, moi, aujourd'hui, alors effectivement, sur le crédit, toujours dans cette idée de portage.
Le Tikehau 2031, donc je pense que c'est assez similaire par rapport à ce qui a été évoqué. Là, on est sur un fonds daté maturité 2031 à yield, à 6 % de rendement, toujours dans cet intérêt d'avoir du crédit dans les allocations. Et puis une deuxième stratégie qu'on aime beaucoup chez Tikehau, c'est une thématique dans laquelle on est très investi, autant sur le non coté que sur le coté. C'est la souveraineté européenne. On a lancé un fonds en 2023, Tikehau European Sovereignty Fund, qui investit sur les cinq secteurs clés, donc la défense, la santé, compétitivité digitale, infrastructures critiques et autonomie industrielle, qui, au vu de ce qui se passe, confirme encore plus notre conviction sur cette thématique, qui est une mégatendance de long terme et donc une façon de s'y exposer, c'est au travers de cette stratégie-là.
Et puis je le rappelle, évidemment, tout est complémentaire, évidemment. C'est pas grave. Sauf si Kevin nous dit qu'il y a un Carmignac Crédit 2031. Eh bien, justement, ça tombe bien. On va voir Tikehau de cap. On se revoit dans 6 mois, dans 12 mois, et puis on pourra faire le relevé des compteurs. Donc il y a bien qu'il y a un Carmignac Crédit 2031. Historiquement, on fait à peu près rendement plus 100 points de base nets de frais qu'on a délivrés, il y a 5 points de rendement. On verra si, en relatif, sur l'absolu, on est bien au rendez-vous. Je vous donne rendez-vous à Anthony et à Nina pour qu'on puisse s'en reparler. Sinon, en gestion un peu diversifiée, Carmignac Patrimoine.
37 ans, c'est quasiment ton âge, Stéphane. Donc voilà, les performances sur du long terme, près de 5 % par an. Sur 3 ans, ça fait à peu près 9 % par an. On retrouve ces 3 leviers que je mentionnais. Donc, c'est-à-dire des actions à peu près à hauteur de 40 %, 25 % de crédit. Une année de sensibilité obligataire essentiellement sur les taux courts euro. Et puis des actions et de la dette émergente. Je parlais du réal brésilien. J'allais poser la question quand même. On parlait de portage. Un investisseur européen qui achète des taux courts brésiliens ou du réal brésilien, il fait 1 % de portage par mois. C'est pas mal quand même. Donc voilà. Il y a d'autres façons de faire du portage que les fonds crédit, même si les fonds crédit, c'est très bien.
Donc ça, c'est un point. Après, notre métier, c'est d'investir. Mais c'est aussi d'être parfois vendeur ou parfois à l'écart de certains risques. On a parlé, voilà, on se tient plutôt à l'écart des taux longs, comme d'une certaine défiance vis-à-vis des actifs américains. Je suis pas sûr que le dollar soit vraiment grandi de cet épisode. Puis ça permet aussi, on va dire, de résister dans des phases de stress. C'est-à-dire que dans la séquence, là, qu'on a pu voir, le fonds, il a dû reculer à peu près 2 %. Et ça a déjà été récupéré. On avait eu à peu près la même trajectoire sur les craintes de récession fin 2025, sur la semaine de la libération. Parce que dans une gestion patrimoniale, l'idée, c'est quand même d'embarquer de la performance, et de faire en sorte que ceux qui sont investis arrivent à dormir sur la durée de la vie.
Très bien, très bien, très bien. Merci beaucoup, Kevin. Merci à tous les 3 pour votre temps et pour avoir partagé tous ces éléments complémentaires. Je le rappelle évidemment à nos auditeurs et spectateurs que toutes les équipes sales de ces 3 jolies maisons de gestion sont à votre disposition pour rentrer un peu plus dans le détail de tout ce qui s'est dit. Parce que le contexte est compliqué. On va quand même rester optimistes et on se donne tous rendez-vous dans quelques mois pour voir qui a gardé le cap. Je suis obligé. Merci à tous les 3, à très bientôt. Et puis, nous, on va se retrouver dans une quinzaine de secondes. On va parler maintenant, pour être réellement complémentaires, en termes d'allocation, on va parler immobilier et SCPI.
À tout de suite.