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Entretien avec Anthony Lapeyre sur NOVA Flexible : la stratégie internationale 0-100% d'Amplegest... le face à face.
Gérald : Bonjour à tous et bienvenue sur Zoom Invest pour ce nouveau rendez-vous Face à Face avec aujourd’hui Anthony Lapeyre, d’Amplegest. Bonjour Anthony.
Anthony Lapeyre : Bonjour Gérald.
Gérald : On va démarrer tout de suite avec un petit rappel. Pour ceux qui ne le sauraient pas, qui est et que fait Amplegest ?
Anthony Lapeyre : Amplegest est une société de gestion française qui a une approche historique sur les actions de la zone euro, notamment via le fonds Pricing Power, ainsi qu’une expertise sur les PME et les mid caps. Nous avons désormais des développements sur les actions américaines via le fonds Pricing Power US.
Aujourd’hui, Amplegest pèse 3,9 milliards d’euros à fin décembre et est en cours d’intégration de la société Octo AM, bien connue sur le monde de l’obligataire. Une fois cette intégration réalisée, la société pèsera à peu près 5 milliards d’euros dans les semaines à venir.
Je suis en charge de la gestion diversifiée. Je suis arrivé en 2023 et nous venons de lancer une gamme de fonds qui s’appelle NOVA, une approche diversifiée flexible internationale dont nous allons parler aujourd’hui.
Gérald : Nous allons effectivement nous concentrer sur NOVA Flexible. Première question sur ce nom : NOVA. Quand j’interroge une intelligence artificielle basique, elle me parle d’un modèle de Chevrolet, de Radio Nova, ou encore d’astronomie, en disant qu’une nova est une étoile qui brille tout d’un coup très fort, puis revient à sa luminescence initiale, voire explose en supernova. J’espère que ce n’est pas la métaphore des performances de NOVA Flexible.
Anthony Lapeyre : Pas du tout. L’objectif est d’avoir une étoile qui brille déjà plus que les autres et, potentiellement, à certains moments encore plus fort.
Plus concrètement, pourquoi NOVA ? C’est plutôt par rapport à l’étymologie latine qui veut dire nouvelle. Comme je le disais, c’est une nouvelle gamme de gestion, une nouvelle expertise chez Amplegest. L’ambition est de mettre en avant cette nouvelle capacité de gestion flexible internationale, qui se veut aussi innovante.
NOVA résonne dans ce cadre-là, puisque nous avons une approche issue du monde institutionnel, avec des piliers d’analyse qui se basent en partie sur des éléments quantitatifs. Je pense que c’est non seulement pertinent en gestion, mais aussi assez innovant et différenciant par rapport à beaucoup de concurrents en gestion diversifiée.
Gérald : C’est vrai qu’il est difficile de faire de l’innovation dans la gestion diversifiée, parce que la concurrence est sévère. Quand on parle de NOVA Flexible, cette flexibilité est forte dans toutes les classes d’actifs, notamment sur la poche actions qui peut aller de 0 à 100 % dans le prospectus. Depuis la refonte du process de gestion, avez-vous utilisé ces bornes pleinement ou partiellement ?
Anthony Lapeyre : Partiellement, mais la vocation est véritablement d’être flexible. Dans la durée, notre objectif est d’être capable de délivrer de la performance, quel que soit le cycle économique, dans un cadre de risque maîtrisé. La flexibilité est un outil indispensable pour répondre à cet objectif, ne serait-ce que pour maintenir le niveau de risque ou assurer des traversées de cycle optimales.
Concrètement, je suis arrivé en 2023. Depuis fin 2023, nous avons refondu les prospectus, géré des fusions-absorptions, et 2024 a été une pleine année de gestion avec le nouveau process. L’année dernière, le poids des actions dans le fonds flexible a évolué entre 39 % et 86 %. Ce sont donc des marges de flexibilité réelles et assez importantes, compte tenu du contexte de marché.
Pour donner quelques éléments complémentaires, ce processus de gestion, j’avais commencé à le développer dans mes expériences précédentes. Historiquement, mes allocations ont varié entre 10 % et 95 % sur ce type de fonds flexible, organisé autour d’éléments de process qui permettent d’être véritablement flexible.
Gérald : En termes d’instruments de gestion, vous pouvez utiliser des ETF, des titres en direct, des dérivés. Il y a beaucoup d’ETF, puisqu’ils représentent environ trois quarts du portefeuille. Quel est l’objet de cette utilisation ? Est-ce d’en faire un fonds d’allocation sans sélection d’instruments, ou cela va-t-il au-delà ?
Anthony Lapeyre : Cela va au-delà, parce que nous sommes assez pragmatiques. Il y a deux objectifs prioritaires. En premier lieu, nous sommes dans un process de gestion flexible internationale où nous allons chercher à dégager de la valeur dans le temps, essentiellement sur l’allocation géographique et sectorielle.
Pour faire cela dans beaucoup de phases de marché, l’ETF est un instrument utile, peu cher et efficace. Mais nous complétons aussi avec des titres vifs. Dans le fonds flexible, nous avons un peu moins de 10 % d’exposition à des titres vifs. Nous complétons également avec des dérivés, pour gérer de manière réactive les marchés et les expositions sur les devises.
C’est vraiment ce triptyque qui est efficace pour faire une allocation fine, granulaire, au niveau international, et être réactif et flexible dans la durée.
Gérald : Sur les titres vifs, utilisez-vous les capacités de gestion d’Amplegest sur la partie actions en direct ?
Anthony Lapeyre : Nous avons une émulation intéressante avec les équipes actions. Amplegest dispose d’expertises actions historiques très fondamentales, très basées sur le stock picking et la sélection de valeurs.
Nous gardons toutefois une casquette d’allocataire. Les approches en titres vifs que nous déployons sont plutôt top down. Nous réfléchissons en paniers, sans chercher du risque idiosyncratique spécifique à certaines valeurs. Nous n’allons pas sélectionner un business model en opposition à un autre, mais plutôt chercher un thème macroéconomique ou une partie du marché en lien avec notre conviction macroéconomique.
Gérald : Justement, on ne peut pas finir sans parler de conviction macroéconomique. Il y a beaucoup de mouvements sur les marchés aujourd’hui, notamment en fonction des déclarations quotidiennes de Donald Trump. Comment réagissez-vous dans ce marché difficile ?
Anthony Lapeyre : Nous avons eu pas mal d’évolutions dans nos allocations depuis la fin de l’année dernière. La première étape a été le mois de décembre, où nous avons initié des couvertures sur le marché américain via des puts sur le S&P 500. Nous avons également réorienté nos biais américains plutôt vers les segments domestiques, les secteurs domestiques de la cote américaine.
Depuis le 13 janvier, notre pilier quantitatif, qui est le premier étage de notre prisme de réflexion, a mis en avant un changement de psychologie au niveau des investisseurs. Dans cette étape très quantitative, nous monitorons l’évolution des flux, de la volatilité et des facteurs de diversification entre les classes d’actifs.
Nous considérons qu’il y a un changement de prisme d’analyse des investisseurs internationaux, avec un appétit qui revient pour les marchés européens. On le voit aujourd’hui dans la performance, mais autour du 10 ou 13 janvier, c’était encore plutôt le début de la tendance.
Depuis cette date, nous avons l’impression d’avoir un marché européen repositionné sur la carte pour les investisseurs américains. Nous avions un marché sous-valorisé et une devise également sous-valorisée. On voit que l’appétit est revenu.
Nous observons aussi des critères assez similaires sur le marché japonais. C’est un marché que nous avions déjà eu par épisodes l’année dernière, et sur ce début d’année, des facteurs assez attrayants reviennent sur cette zone. Pour information, fin février, le poids d’exposition aux actions dans le fonds flexible est à 64 %.
Gérald : Merci beaucoup Anthony pour cet échange.
Anthony Lapeyre : Merci Gérald.
Gérald : De notre côté, nous nous retrouvons rapidement dans un nouveau rendez-vous Face à Face.