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Face à des perspectives de croissance soutenues par les milliards d’euros promis par réarmement européen, de grands groupes aux activités historiquement diversifiées se…
Par Olivier DAVID, Gérant du fonds VEGA Europe Autonomie
L’actualité estivale a bien entendu été marquée par les publications de résultats financiers au titre du 2ème trimestre. Le bilan s’est révélé très positif pour les grands groupes européens avec une progression moyenne de leurs bénéfices par actions de 24% par rapport à la même période de l’an dernier alors que le consensus des analystes(1) préalable aux premières annonces tablait sur une hausse de 14%. Si les marchés2 ont globalement bien réagi, grimpant de 2% entre mi-juillet et mi-août, certains secteurs comme la défense/aéronautique3, la technologie4 ou les banques5 se sont distingués avec des progressions respectives de 14%, 6% et 5% sur la même période.
Au-delà de l’effet conjoncturel des publications, un catalyseur plus structurel de soutien aux valorisations tient à la capacité des sociétés à se focaliser sur leurs activités les plus rentables. A cet égard, nous avons dernièrement intégré en portefeuille le norvégien Kongsberg Gruppen, après la scission et la cotation de son pôle maritime. Le groupe se compose désormais de trois divisions (Missiles et Aérostructures, Discovery et Defense systems) développant des solutions d’armement, de surveillance et de communication dédiées aux domaines terrestre, naval et spatial.
Ce recentrage sur le secteur de la défense concerne également Rheinmettal, qui a multiplié les acquisitions et les partenariats en vue de devenir un « guichet unique » pour tous les segments tandis que son pôle automobile, aux marges trois fois plus faibles, vient d’être cédé. Aussi, Thalès, qui s’était séparé de ses activités de signalisation ferroviaire, est en passe d’acquérir le spécialiste du déminage sous-marin Exail Technologies, alors que le groupe Lisi a cédé ses activités médicales pour donner la priorité à son pôle aéronautique.
Dans le secteur de l’énergie, c’est l’électrification des usages et le développement à marche forcée des centres de données dédiées à l’IA qui accélèrent les reconfigurations. Ainsi, Siemens Energy va scinder ses activités de transformation industrielle pour se focaliser sur ses divisions turbines à gaz et réseaux électriques, plus rentables et bénéficiant de commandes records. L’opération doit également contribuer à combler l’écart de valorisation avec son principal concurrent GE Vernova. Pour sa part, Engie a acquis le réseau de distribution d’électricité UKPN ce qui va réduire sa dépendance aux activités gazières.
Ces stratégies peuvent aussi s’expliquer par une volonté de concentrer les investissements sur un nombre restreint d’activité, un aspect d’autant plus crucial dans un contexte de taux élevés. Le principal écueil tient à une exposition accrue à un éventuel essoufflement des dynamiques de croissance sur les activités en question.
(1) I/B/E/S LSEG ; 2. Indice Stoxx Europe 600 ; 3. Indice Stoxx Europe Total Market Aerospace and Defense ; 4. Indice Stoxx Europe 600 Technology ; 5. Stoxx Europe 600 Banks
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