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La hausse des taux français ne signifie pas qu’une crise financière est déjà engagée, estime Philippe Crevel, directeur général du Cercle de l’Épargne. Malgré un rendement à dix ans proche de 4,7 %, l’État continue de trouver des investisseurs pour financer ses emprunts.
La situation devient néanmoins plus coûteuse. La charge annuelle des intérêts se rapproche de 100 milliards d’euros, tandis que l’écart de taux avec l’Allemagne dépasse un point. Selon l’économiste, une accélération de cet écart constituerait un signal particulièrement préoccupant.
La France conserve plusieurs atouts : une épargne abondante, un système financier solide, une économie diversifiée et la protection offerte par l’euro. Ces forces ne la mettent toutefois pas à l’abri d’une rupture de confiance.
Philippe Crevel identifie surtout un risque politique et social. Un blocage budgétaire ou une forte contestation pourrait pousser les investisseurs à réclamer une rémunération accrue, alimentant un enchaînement défavorable. Une intervention européenne resterait envisageable, mais s’accompagnerait de conditions potentiellement difficiles à accepter en période électorale.
La remontée des taux affecte déjà le crédit immobilier et l’investissement des entreprises. Pour les épargnants, l’économiste écarte néanmoins tout motif de panique à ce stade. Il rappelle l’importance de répartir les placements entre différentes catégories d’actifs et zones géographiques.