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Amplegest : après cette trêve estivale relativement calme, la rentrée se profile avec les mêmes questions qu’au début de l’été.
Après cette trêve estivale relativement calme, la rentrée se profile avec les mêmes questions qu’au début de l’été.
Par Emmanuel Auboyneau, Gérant de portefeuilles - Associé
Le conflit en Iran va-t-il trouver une issue rapide ou va-t-il s’enliser ? La croissance économique, étonnamment résiliente, va-t-elle tenir ? Les Banques Centrales vont-elles significativement changer de cap compte tenu des pressions inflationnistes ? Les réponses à ces questions détermineront l’orientation économique de la fin d’année et le sens des marchés.
A ce jour les paramètres économiques des principales zones sont plutôt encourageants avec une croissance étonnamment solide et une inflation plutôt sage compte tenu du choc sur les matières premières énergétiques. Aux Etats-Unis l’activité résiste malgré une consommation plus hésitante. Le PIB se maintient autour de 2% en rythme annuel. L’investissement, particulièrement dans le secteur militaire et plus encore dans l’Intelligence Artificielle, est un moteur important de cette croissance économique. Les dépenses gouvernementales, hors de ces deux secteurs, sont en revanche en déclin. Le marché de l’emploi est toujours solide avec un taux de chômage à 4,1%, proche du plein emploi, et malgré des créations d’emplois qui ont perdu de leur dynamisme.
L’inflation américaine reste dépendante de la crise iranienne et de la hausse des prix de l’énergie. La relative modération des prix américains est une bonne surprise. L’inflation est sensiblement au-dessus de l’objectif de 2% mais compte tenu des circonstances extérieures, Iran plus droits de douane, elle est plutôt sage. La Réserve Fédérale est attentive à toutes ces données et si elle n’a pas bougé lors de sa dernière réunion de juillet, nous jugeons probable qu’elle augmente les taux d’ici à la fin de l’année.
La situation américaine est également dépendante des prochaines décisions du président Trump, par nature incertaines. La perspective des élections midterms de novembre, très risquées pour le président, devrait conduire ce dernier à modérer son action, même si ce terme s’accorde mal à son caractère.
L’Europe dépend également grandement de la situation géopolitique. La croissance se maintient, à un faible niveau, mais ne décroche pas à ce stade. Le rythme d’activité du continent s’affiche à un rythme annuel légèrement supérieur à 1%. L’Espagne et le Portugal sont les pays les plus dynamiques alors que l’Allemagne et toujours à la traine. La France se stabilise mais ne donne pas de signes de reprise. La confiance des agents économiques reste faible et marquée par les incertitudes politiques et géopolitiques. L’inflation a subi les effets de la montée du pétrole et s’affiche légèrement en dessous de 3% en juillet. La Banque Centrale Européenne, toujours prompte à agir quand les prix remontent, a déjà augmenté son taux directeur avant l’été et va probablement recommencer en septembre. Ce faisant, elle impacterait malheureusement une économie déjà peu vaillante.
En Chine, la croissance s’est affichée à +4,3% au deuxième trimestre, contre une estimation à +4,5%. La Chine souffre toujours d’une consom-mation faible du fait d’une confiance des ménages très altérée. Les Chinois préfèrent à ce stade augmenter leur épargne. Par ailleurs le marché de l’immobilier est toujours fortement impacté et ne montre pas de signe de retournement. La Chine compte beaucoup sur ses exportations pour maintenir la croissance à flots. Compte tenu du contexte international cette variable demeure aléatoire. Mais le pays dispose de leviers importants pour relancer l’économie. L’inflation est basse et permettrait une baisse des taux et des relances budgétaires sont assez probables.
Les marchés financiers on bien résisté cet été avec un mois de juillet morose mais une remontée en août. Les incertitudes économiques préala-blement exposées ont été compensées par des très bons résultats de sociétés, surtout aux Etats-Unis. La révolution numérique est un moteur important de résultats pour tout un pan de l’économie. Toutefois, quelques prises de bénéfices sur les valeurs de l’IA sont intervenues au mois d’août. Certains secteurs, comme le luxe, continuent à être fortement pénalisés. Les obligations sont restées assez stable cet été dans un contexte incertain pour les taux d’intérêt..
Nous n’avons pas significativement modifié nos allocations cet été.