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L’administration Trump accentue la pression sur les agences de conseil en vote, acteurs influents de la gouvernance des entreprises américaines. La Securities and Exchange Commission (SEC) a saisi la justice fédérale afin d’obliger Institutional Shareholder Services (ISS), leader mondial du secteur, à lui communiquer des documents et des informations concernant ses clients.
L’enquête, ouverte en mars 2026, doit déterminer si les recommandations formulées par ISS respectent la réglementation boursière et servent effectivement les intérêts des investisseurs. La SEC réclame notamment des données nominatives permettant de connaître les votes réalisés par des investisseurs institutionnels sur plusieurs années. ISS affirme coopérer, mais conteste la portée de ces demandes, invoquant notamment la confidentialité de ses clients et la liberté d’expression garantie par la Constitution américaine.
Cette procédure s’inscrit dans une offensive plus générale lancée par Donald Trump contre les « proxy advisors ». Son administration leur reproche d’accorder une place excessive aux critères ESG et aux politiques de diversité, au détriment de la performance financière des actionnaires.
Le secteur est particulièrement concentré. ISS et son principal concurrent, Glass Lewis, représentent ensemble plus de 90 % du marché des recommandations de vote. Leur influence s’étend notamment à la rémunération des dirigeants, à la nomination des administrateurs et aux résolutions climatiques. Leur poids et les risques de conflits d’intérêts sont depuis longtemps contestés par certaines grandes entreprises américaines.