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Nicolas Van Den Hende, Tikehau Capital, Jean-Marie Souclier, Sogenial Immobilier, Daniel While, Euryale
Quel rôle redonner aux SCPI dans les allocations de rentrée ? Cette table ronde confronte les approches de Sogenial Immobilier, Euryale et Tikehau Capital : diversification, sélection des actifs et complémentarité des stratégies.
Nous revoilà toujours en direct sur Zoom Invest en ce mercredi matin. On a parlé marchés financiers et perspectives face au contexte un peu chahuté. Je suis ravi de faire ce complément sur cette deuxième demi-heure. On va parler des stratégies en matière d'immobilier et en particulier de SCPI. C'est une classe d'actifs qui est importante dans les allocations de nos clients et on va voir un peu où on en est avec mes trois invités du matin, Jean-Marie Souclier, président de Sogenial Immobilier, Daniel While, directeur Recherche et stratégie d'Euryale, et Nicolas Van Den Hende, je le prononce à la belge, mais je m'appelle Daniel, donc j'ai le droit, directeur de la distribution France chez Tikehau IM.
Messieurs, merci de nous rejoindre ce matin. Comment allez-vous ? Très bien. Très bien. Bonjour à tous. Pour commencer, je vais vous demander de faire évidemment un point sur la première moitié de l'année, tant au niveau du comportement du marché immobilier que sur l'activité des sociétés de gestion et de vos sociétés de gestion en particulier. Est-ce que, ça c'est la grande question, l'immobilier reprend-il enfin sa place dans les allocations des professionnels du patrimoine comme moi ? Daniel, je te donne la parole.
Oui, si on dézoome un peu, ce qui est clair, c'est qu'on est passé d'un environnement macro où il y avait plutôt une force de rappel à la baisse des taux entre 2012 et 2022, à un environnement macro où il y a quand même plutôt une force de rappel à la hausse des taux. On va avoir une hausse des taux de la BCE demain, a priori de 25 points de base. Et dans ce contexte-là, on a aussi vu les marchés boursiers augmenter et même avoir un bull market, comme on dit, ce qui normalement n'arrive pas. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que l'immobilier redevient nécessaire pour diversifier ses allocations. J'ai un mot d'ordre qui est : pas d'immobilier sans allocation, pas d'allocation sans immobilier.
Ça veut dire qu'aujourd'hui, on ne peut pas tout miser, y compris avec produits structurés ou autres, sur les marchés financiers. On ne peut pas non plus ignorer la hausse des taux, mais on ne peut pas non plus ne pas avoir d'immobilier dans ses allocations. Donc une fois qu'on a purgé la crise du bureau des années 2020, 2022, à ce moment-là, c'est le moment de revenir sur l'immobilier. L'activité en termes de société de gestion de SCPI, elle est excellente. Quand on voit les chiffres de collecte du secteur des SCPI, c'est les mêmes chiffres de collecte qu'en 2016, à peu près. C'est-à-dire de l'ordre de 4,5 à 5 milliards d'euros de collecte brute par an, ce qui est considérable.
Et ça, c'est sans le moteur de l'assurance vie qui jouait à plein avant, sans le moteur du crédit qui jouait à plein avant. Ça veut dire quand même qu'il y a une vraie confiance dans le produit. Maintenant, tout le sujet, mais c'est ce dont on va parler, c'est vers quelle nouvelle stratégie rediversifier vers l'immobilier. Et le contexte des taux dont tu parlais, Daniel, est-ce que tu penses que ça peut avoir un impact assez brutal, dans le bon sens, si jamais les taux baissent, comme c'est le cas dans les marchés financiers, on en parlait juste avant ? Ou est-ce que, comme toujours avec l'immobilier, il y a toujours une forme de latence à la reprise ? C'est-à-dire, en gros, la chute est toujours un peu violente.
En revanche, la reprise peut être un peu plus lente. Je crois qu'on n'est plus dans un scénario à la japonaise comme on avait entre 2012 et 2022. On est plutôt dans un scénario où il faut s'attendre à de petites hausses de taux ponctuelles en fonction des tarifs trumpiens, en fonction des sujets énergétiques et géopolitiques. Et donc ça, ça veut dire quoi ? Ça veut dire aller chercher de la prime de risque, donc beaucoup à l'étranger. C'est ce que font les SCPI. Ça veut dire faire attention à son usage de la dette, parce que les taux augmentent, et donc le taux d'intérêt augmente. Et ça veut dire aller sur des thématiques immobilières différentes, peut-être avec plus de stabilité, peut-être avec plus d'alternatives.
On voit que ce qui s'achète le plus au niveau mondial, ce sont les data centers. Donc c'est vraiment un changement de paradigme sur l'immobilier. Très bien, merci. Jean-Marie, est-ce que tu partages cet avis et quelle est ta vision du contexte ? Comment ça s'est passé ces dernières semaines également chez Sogenial ? Chez Sogenial, le début de l'année a été bon puisqu'on a une croissance qui est positive en termes de collecte par rapport à l'année 2025. Donc on est satisfait. Je rebondirai sur ce que disait Daniel, ce que lui appelle allocation, nous on l'appelle diversification, mais c'est finalement la même chose.
On reste convaincus chez Sogenial qu'il faut diversifier son patrimoine, qu'il faut diversifier ses SCPI, diversifier ses maisons de gestion, diversifier ses classes d'actifs en termes d'investissement. Donc depuis quelques années, on voit une part prépondérante de collecte sur des SCPI diversifiées plutôt européennes, voire internationales, puisque aujourd'hui, les horizons vont jusqu'aux États-Unis, Canada, en termes d'investissement. On n'a pas encore attaqué l'Asie, mais ça arrivera peut-être dans les prochaines années. Ça va être un vrai sujet. Nous, on reste chez Sogenial, convaincus que le fondamental, c'est la diversification.
C'est donc d'appuyer, ne pas être que sur des SCPI diversifiées, les SCPI plutôt thématiques qui existent toujours et ont souvent des bonnes performances et dans lesquelles on a souvent des équipes de gestion qui ont un vrai ADN de gestion, une vraie connaissance approfondie de ces marchés, c'est des bonnes choses qu'il faut aller chercher. Et puis, il ne faut pas oublier qu'on est Français, on est dans notre pays et qu'on doit aussi investir dans nos SCPI, enfin dans les SCPI qui investissent dans nos pays. Nous, on a un choix assez marqué chez Sogenial d'avoir une SCPI plutôt 100 % française dans nos deux véhicules un peu amiraux qui est Cœur de Régions et une et une SCPI 100 % européenne qui est Cœur d'Europe.
Finalement, on reste sur ces fondamentaux et on explique, on fait de la pédagogie. Je pense que c'est un élément aussi, un mot important, la pédagogie, d'aller expliquer aux conseillers en gestion de patrimoine, d'aller expliquer aux porteurs de parts l'intérêt pour eux de diversifier leurs allocations entre, d'un côté, bien évidemment, de l'européen avec un levier fiscal, avec une prime de risque plus intéressante, mais qui dit prime de risque, dit risque. Donc évidemment, quand on va chercher des rendements beaucoup plus élevés, ça veut dire qu'on a un peu plus de risque et il y a un risque qui est lié à ça à l'étranger, sinon les rendements seraient plus bas.
Il y en a aussi en France, ce n'est pas qu'à l'étranger, et d'avoir de l'investissement en France avec des beaux actifs et des belles capacités à générer de la performance, de la croissance, de la distribution. Avec une allocation qui, finalement, si on la fait bien, peut faire en sorte de ne pas avoir d'effet fiscal qui soit trop perturbant pour les porteurs de parts. Donc ça, ça exclut la France. Je rigole. Justement, si on fait une allocation mixte, évidemment, il ne faut pas faire du 50/50 ou du 80 France, 20 % étranger. Mais si on fait un 80/20 dans l'autre sens, finalement, on arrive à bénéficier d'une belle allocation en France et d'avoir en même temps le ressort de l'étranger. Le terrain de jeu peut s'agrandir, on va dire comme ça.
Les fondamentaux restent les mêmes dans la recherche, dans la stratégie, etc. Nicolas, on va parler deux secondes quand même, je vois ce très joli logo de Tikehau Capital derrière toi. Comment ça s'est passé ces derniers mois ? Il y a eu un peu de changement pour la maison de gestion. Tout se passe bien ? Les CGP sont toujours au rendez-vous ? Comment tu vois le marché ? Oui, changement et non-changement, puisque cette aventure avec Tikehau Capital, elle n'est pas nouvelle. Je rappelle juste que ça fait quand même plusieurs années que Tikehau Capital avait racheté la totalité de Sofidy. Tikehau Capital, créé notamment par Antoine Flamarion, le fils de Christian Flamarion, qui avait créé Sofidy.
Et on a décidé d'aller finalement jusqu'au bout de l'aventure, là où on avait encore, il y a quelques mois, deux sociétés de gestion à l'intérieur du groupe. Il n'y en a plus qu'une qui a repris la totalité des expertises. On conserve néanmoins la marque Sofidy, elle est importante auprès de nos partenaires CGP, importante auprès des épargnants. Globalement, l'idée est assez simple, c'est qu'on n'a pas de grande évolution. Notre objectif est d'être plus forts pour justement être plus forts dans un contexte immobilier qui se réécrit, un contexte de différentes façons, du repricing, un souhait, effectivement, d'aller encore un cran plus loin en matière de zones géographiques.
Et là, c'est l'occasion de s'appuyer sur toutes ces antennes et ces équipes immobilières présentes en local. C'est un vrai atout, une vraie force. Je sens, sans paraphraser mes confrères, plusieurs éléments, effectivement. L'immobilier reprend-il sa place dans les allocations ? Oui, mais je pense que le « mais » est aussi important. Je partage effectivement les points d'analyse que Daniel a remontés. Pour autant, on constate aussi qu'il y a une concentration très forte de la collecte sur quelques acteurs, voire même quelques SCPI. Les derniers chiffres qu'on a eus montrent clairement qu'il y a quatre SCPI qui se distinguent avec, on le soulignait, un prisme effectivement très européen.
Mais à un moment donné, la question est : est-ce que c'est insulter la fiscalité des clients que de leur mettre un peu d'exposition en France ? Non, je ne pense pas. Si j'inverse la question, est-ce que ça a du sens de faire totalement l'impasse sur l'un des plus gros marchés d'immobilier tertiaire européen ? À un moment donné, il y a peut-être aussi un peu d'incohérence à être complètement absent de ce marché qui offre clairement des opportunités. Je pense que, on le soulignait, Jean-Marie le soulignait, c'est vrai. On commence, il y a des signaux positifs, c'est clair.
Maintenant, il faut qu'on continue et cherche à continuer d'être présent pour venir expliquer que la SCPI, en dépit d'un épisode un peu compliqué qu'on a pu traverser, c'est du temps long. Des véhicules bien nés, bien lancés post-crise, forcément, ils achètent bien. Maintenant, c'est sur la durée qu'on est censé faire ses preuves. Je vais parler pour ma paroisse, on vient bien évidemment en expliquant que l'expérience a aussi du sens et mettre un peu d'expérience dans ces allocations, utiliser des acteurs qui ont connu, qui ont traversé des crises et des SCPI qui ont fait leur révolution. Ce n'est pas complètement débile, si je puis me permettre l'expression. Et que ça vient compléter.
Quelque part, l'objectif, c'est de venir profiter du meilleur des deux mondes, la flexibilité des jeunes pousses, l'expérience, les patrimoines établis. Et c'est important, des SCPI un peu plus anciennes. On y travaille. Parfait. Il faut rappeler évidemment le mix parfait. L'alpha et oméga n'est pas la défiscalisation et le zéro frais. C'est très bien d'en parler parce qu'évidemment, l'expérience aussi a sa place, la diversification encore plus. Il existe donc, on a dit, clairement des perspectives sur l'immobilier, malgré le contexte, on va dire changeant. J'ai dit ça tout à l'heure, on va dire changeant. Maintenant, j'ai la question, on parle de perspectives : comment on en fait profiter nos clients ?
Est-ce que vous pouvez nous parler de ce que vous voyez comme opportunités futures ? Est-ce que vous allez devoir adapter un peu vos stratégies finalement à ce, ce n'est pas nouveau marché, mais ce nouveau paradigme dont vous venez un peu de parler tous. Jean-Marie, je te fais commencer. Écoute, je pense qu'en effet, comme tu dis, de toute façon, le marché change et les choses changent. De fait, ça a toujours été comme ça. De tout temps, l'immobilier s'e s'est adapté à l'économie, s'est adapté au contexte. Les locataires se sont adaptés, leurs activités se sont adaptées et le monde a toujours évolué comme ça.
Nous, on reste affirmé sur les deux stratégies dont j'avais parlé tout à l'heure, qui est à la fois une stratégie française, puisque comme le disait Nicolas, on a le premier marché tertiaire d'Europe aujourd'hui. Dans ce marché-là, on a des fondamentaux économiques, même s'il y a les problèmes de dette française, des sujets qui sont quand même très bons. On a des très bons acteurs et des entreprises qui payent leur loyer. Parce que c'est le plus important. C'est que les locataires payent leur loyer et qu'on verse les dividendes qu'attendent les porteurs de parts et qu'on crée de la valeur dans ce sens-là.
Et on est dans des marchés aussi où il faut voir qu'avec les conséquences des crises un peu passées, il y a des gens aujourd'hui qui ont des besoins d'arbitrer des portefeuilles, d'arbitrer des actifs. Il faut savoir se positionner, être réactif, travailler beaucoup dans ces cas-là, parce que c'est beaucoup de travail, mais d'aller chercher finalement les quelques actifs qu'on peut acheter, qui ont une belle qualité, qui vont renforcer les portefeuilles de nos SCPI aujourd'hui. Et plus à l'international. Nous, on est des chantres de la zone euro parce qu'on aime investir sur des actifs qu'on peut aller voir facilement. Parce que c'est une politique chez nous de connaître nos actifs, d'aller les voir souvent, de les visiter.
Je quitte cette réunion, je prends ma voiture, je vais visiter des actifs et des forêts qu'on a achetés, par exemple aujourd'hui. C'est vrai qu'on est très orientés sur la péninsule ibérique, sur la SCPI Cœur d'Europe. C'est un pays, une zone auquel on croit beaucoup, sur laquelle on a su prendre des places dès le départ. Donc on a une vraie connaissance et on pense qu'il y a des vraies choses. D'ailleurs, beaucoup de sociétés de gestion viennent là. On pense aussi qu'il faut développer régulièrement de nouveaux pays. C'est un sujet sur lequel on travaille et je pense que c'est comme ça aussi qu'on va finalement faire profiter nos clients.
C'est peut-être ce qui caractérise aussi nos trois maisons de gestion, c'est qu'on est des maisons de gestion un peu plus anciennes que d'autres, voire très anciennes pour certaines, avec une vraie expérience très longue. Et c'est qu'on a aussi des convictions de gestion. On a des expertises de gestion très fortes dans nos domaines et qu'on reste aussi, peut-être par rapport à d'autres qui ont une vision d'aller un peu tout azimut et d'aller chercher des opportunités partout où elles sont, des gérants plus raisonnés, plus responsables, qui vont vraiment investir des pays, mettre des équipes à l'intérieur, avoir des connaissances de pays ou de marché immobilier en termes de sous-jacent.
Je pense que c'est un élément qui est important pour les porteurs de parts, pour finalement leur faire bénéficier des opportunités d'être toujours à l'affût et d'avoir vraiment les moyens d'être nous-mêmes à l'affût et finalement de ne pas dépendre de tiers dans cette recherche d'actifs et dans cette analyse de marché. Je pense que nos trois maisons sont un bel exemple du sujet aujourd'hui. Je précise, Jean-Marie, tu parlais de péninsule ibérique pour Cœur d'Europe, pas pour Cœur de Régions. Pour Cœur d'Europe, bien évidemment. Justement, j'ai envie d'y revenir. Je m'emballe des fois. Tout le monde avait compris, évidemment. Le marché ibérique, c'est intéressant.
C'est vrai que sur Cœur d'Europe, vous avez été un peu précurseur sur le sujet. Là, je ne parle pas forcément que de l'Espagne ou du Portugal, mais est-ce que tu as découvert ces dernières années que les baux étaient différents dans d'autres pays d'Europe et que ça avait aussi un intérêt par rapport à la qualité des locataires et l'approche du système locatif européen ? Globalement, en immobilier, moi, ce que je note aujourd'hui de plus en plus, c'est qu'on a un prisme français de l'immobilier qui est presque, dans certains cas, une guerre entre le bailleur et son locataire, une confrontation un peu constante. Alors, dans d'autres pays, on a beaucoup plus une notion de partenariat, de travail long terme.
Dans des pays étrangers, quand on signe des baux de 15 ans, c'est des baux de 15 ans. Ce n'est pas des baux où on peut se barrer au bout de 3 ans. Évidemment, la société- La possibilité de départ anticipé. C'est ça. C'est-à-dire qu'on a quand même des pays où on a des relations beaucoup plus saines avec les locataires, beaucoup plus apaisées, où on arrive à aller chercher finalement une gestion qui a aussi un peu plus de pérennité dans le temps et de sécurité pour les porteurs de parts, parce que les règles sont fixées. Évidemment, les règles peuvent se renégocier, mais on est un peu loin d'aléa, et d'aléa notamment jurisprudentiel, comme on peut l'avoir en France.
On a souvent l'impression qu'entre la fiscalité et la jurisprudence et la loi, ça change, je ne vais pas dire tous les quatre matins, mais en tout cas potentiellement plusieurs fois par an. C'est important de le préciser parce qu'il y a une culture qui est un peu différente dans certains pays et c'est aussi très stabilisant, on va dire, pour vos actifs. Nicolas, on parle un peu des opportunités chez Tikehau. Comment est-ce que vous voyez les prochaines semaines ? Quels sont les thèmes ou les secteurs, les environnements sur lesquels vous continuez à parier ? Nous, on continue quelque part de capitaliser sur les expertises qu'on a pu développer historiquement, qui sont quand même assez larges.
On évoquait il y a quelques instants une notion géographique. On capitalise sur nos implantations françaises locales, puisqu'on a aussi la chance d'avoir en région, à Lyon, à Aix-en-Provence, à Bordeaux, à Nantes, des équipes implantées localement pour sourcer, pour acheter localement. Et on fait ça à l'échelle effectivement européenne, comme je le soulignais, dans tous les bureaux qu'on peut avoir. peut avoir. On continue d'être à l'affût. Une vraie démarche très opportuniste.
On continue de privilégier cette matière sur laquelle on développe depuis pratiquement 40 ans une expertise, à savoir le commerce, qui nous a apporté beaucoup de résistance à l'intérieur du patrimoine de nos fonds, sur laquelle on pense qu'il y a encore beaucoup d'opportunités à aller chercher, des opportunités, notamment dans un contexte, et ça, c'est valable pour l'ensemble des classes d'actifs, où il peut toujours y avoir des acteurs en difficulté sur le marché.
On a, ces deux dernières années, réussi à aller chercher, à concrétiser de très belles opportunités sur des actifs qui, du fait d'un contexte très particulier, sont en capacité d'offrir des points d'entrée très intéressants, de délivrer derrière des performances très intéressantes, sans pour autant aller chercher davantage de risques. Je pense qu'une fois encore, la notion de couple risque/rendement, elle est très importante. On avait peut-être historiquement peu l'habitude d'analyser les SCPI dans cette approche-là, mettre tout le monde dans le même lot. Non, je pense que dans cette logique d'aller créer des allocations, on peut aussi miser sur des couples risque/rendement différents au sein des SCPI.
On aime bien le commerce, on ne s'interdit pas, et ce n'est pas juste pour être contrariant, mais de continuer à faire un peu de bureau, mais en étant encore plus sélectif qu'hier, en étant encore plus acharné d'une notion de centralisation sur cette typologie d'actifs, même si ce n'est pas effectivement au cœur de nos priorités. Et puis l'hôtellerie.
L'hôtellerie, c'est aussi une typologie d'actifs qui a fait une très belle démonstration de résilience sur laquelle on pense qu'il y a encore des opportunités intéressantes, sur laquelle on peut travailler de manière globale pour aller chercher toujours plus de diversification, tant à l'intérieur des pays, finalement qu'à l'intérieur des différents formats qu'on peut trouver au sein même de cette grande classe d'actifs. On est à l'affût. On a la chance d'avoir des véhicules qui continuent de collecter. Ça, c'est quand même le nerf de la guerre puisque les opportunités, pour pouvoir les concrétiser, il faut avoir cette capacité à investir.
Être vraiment très à l'affût des équipes qui sont dans les starting blocks pour venir concrétiser, sourcer ces opportunités et finalement continuer ce travail qu'on a relancé depuis début 2024. On s'était, au moment de la crise, très fortement mis en pause. On avait besoin de laisser retomber la poussière pour y voir beaucoup plus clair. Et c'est vrai que, juste un petit chiffre au passage, en un peu plus de 24 mois, on a déployé juste pour le compte de nos SCPI un peu plus d'un milliard. Il faut qu'on continue. C'est un bon retour dans le game. Daniel, qui a attendu sagement.
Je suis très curieux d'entendre la vision d'Euryale évidemment, parce qu'on connaît tous ta société de gestion, très spécialisée à une époque, et puis un paradigme qui a changé ces derniers mois. C'est toujours le mouvement actuel ? Oui, je rebondis un peu sur ce que disait Nico justement, c'est que la collecte s'est beaucoup concentrée sur le secteur, sur les SCPI, quelques SCPI qui ont une stratégie opportuniste, diversifiée, internationale, un peu la même stratégie. Nous, on va plutôt plaider pour l'approche thématique. En plus de cette approche-là, donc thématique santé pour nous, évidemment, on ne sort pas de ce secteur-là.
Mais en sachant que l'immobilier de santé, c'est lui-même un secteur qui innove beaucoup, avec beaucoup de composantes. Je dirai trois choses. La première, c'est que nous, on croit beaucoup. D'abord, on a une SCPI qui est santé, qui est vraiment sur l'hébergement des seniors, ce qu'on appelle le long séjour, avec des baux extrêmement longs, etc. Et on a développé une nouvelle SCPI qui est plutôt sur le soin, sur les cliniques, sur également tout ce qui est laboratoire. En fait, en santé, on voit bien que c'est un secteur où il faut aller chercher l'innovation, évidemment. L'upside, on pourrait dire de façon boursière, on voit bien qu'on travaille avec Mistral, la santé, c'est la thématique qui attire, avec l'IA, le plus de capitaux.
Donc nous, on va être à l'affût de tous les modèles qui vont permettre par l'IA, on va avoir les cliniques de demain, elles vont soigner plus de gens à l'extérieur de la clinique qu'à l'intérieur, ce qui fait une patientèle élargie. Il y a énormément d'innovations à aller chercher, mais à condition, là encore, d'être sur une thématique qu'on connaît parfaitement, avec une proximité avec les exploitants, etc.
Ça, je pense que du point de vue d'un conseiller en gestion de patrimoine, c'est important de vendre également l'aspect thématique et d'approfondissement de la connaissance d'un métier, de la connaissance des opérateurs, parce qu'à la fin des fins, on ne peut pas juste dire : « J'achète en bas et je revends en haut » parce que ça, tout le monde le fait. Tout le monde veut le faire, en tout cas. Il y a une deuxième chose, c'est qu'on voit bien que les styles de gestion ont changé. Par exemple, je pense que nos SCPI, et ça, c'est vrai pour tout le monde, vont devoir arbitrer beaucoup plus ou détenir les actifs peut-être pas aussi longtemps qu'elles le faisaient avant et avoir une gestion plus active.
Moi, je vois sur Pierval Santé, on va faire 150 millions d'arbitrage, c'est-à-dire de cessions et de reventes. C'est important d'avoir une gestion encore plus active pour plein de raisons. D'abord parce que les usages varient, et ça, en commerce, Nico et Jean-Marie le savent aussi bien que moi, les usages varient finalement plus vite que la durée d'un bail. C'est ça qu'il faut voir. Ça veut dire qu'il faut comprendre les business models, arbitrer le plus possible, être à l'affût de l'innovation. Et puis, il y a également, à mon avis, une tendance qu'on commence à voir dans le secteur des SCPI, c'est l'Amérique du Nord.
Je ne sais pas si tout le monde y viendra, mais je pense qu'on est au même moment sur l'Amérique du Nord qu'on était il y a 7, 8 ans sur l'Europe. Où c'était presque, il ne faut pas oublier qu'il y a 10 ans, c'était exotique d'aller même en Allemagne. Donc on a quand même fait pas mal de chemin. L'Amérique du Nord, c'est un marché qui est difficile à pénétrer. Nous, on commence par le Canada, où c'est plus facile pour plein de raisons, mais on ne peut pas rester indifférent à long terme, à mon avis, à un marché sur lequel les rendements sont aussi élevés, la liberté réglementaire, la durée des baux est plus forte, etc. Je pense que dans 5 à 10 ans, le périmètre des SCPI va être très différent de ce qu'il est aujourd'hui.
Nous, on va un peu sur cette thématique, finalement, gestion active, approfondissement de la connaissance des modèles économiques de la santé, l'approche thématique, et puis être de plus en plus mondial, en plus d'être européen, ce qui est le cas de tous nos véhicules. En sachant que le Canada est un pays qui est un bon lien, finalement, entre la mentalité européenne et l'Amérique du Nord, sans rentrer tout de suite en confrontation avec les US. Très bien, merci beaucoup Daniel. Maintenant, il est déjà 10 h 55. Je n'ai pas mes lunettes, mais j'imagine, vu le timing. Vous savez ce que je vais vous demander, parce que vous connaissez un peu la maison. On va parler un peu de votre gamme de solutions.
On va concrétiser ce que vous venez de dire. On va essayer de prendre 2 minutes chacun. Nicolas, est-ce que tu veux commencer ? Oui, et je vais tenir le timing, je vais faire simple. Nous, effectivement, de manière très factuelle, on a trois SCPI qu'on pousse et qui sont plus particulièrement utilisées par les partenaires. Deux SCPI, une historique, Immorente, qui continue et c'est important. Ça fait la démonstration que toutes les vieilles SCPI ne sont pas à jeter à la poubelle. Ça fait la démonstration qu'elle a du sens à l'intérieur de l'allocation, de par son caractère très patrimonial et finalement sa grande diversification. Ça, c'est un premier élément de satisfaction et merci aux partenaires. Sofidy Europe Invest.
Je ne vais pas reparler de l'Europe, mais effectivement, c'est notre véhicule européen et elle aussi, de par son approche qu'on souhaite volontairement patrimoniale, une fois encore, une logique de couple risque-rendement fidèle à notre ADN historique, à cette culture de l'emplacement, elle aussi a du sens. Et puis la dernière née, Sofidynamic, un pas de côté en termes notamment d'emplacement, donc un couple risque-rendement plus dynamique, comme son nom l'indique, qui, de par son caractère nouveau, de par l'innovation qu'on y a mis, notamment au travers d'un positionnement de frais un peu revu, d'un positionnement High Yield, séduit également beaucoup les partenaires, les épargnants.
Une gamme aujourd'hui recentrée sur trois SCPI, mais en tout cas trois SCPI plus particulièrement mises en avant auprès des partenaires. Et pas forcément trois profils de clients différents, mais peut-être un profil qui a besoin de complémentarité entre les différents véhicules. Exactement. C'est comme ça qu'on a construit la gamme. Daniel, la santé, évidemment. La santé, évidemment.
Je vais concentrer mon temps de parole sur ce qu'on appelle la néo-SCPI santé qu'on a lancée, qui s'appelle très récemment Euryale Horizons Santé, avec une cible d'un tiers de l'investissement en Amérique du Nord au sens large, donc Canada et États-Unis, et qui évidemment va aller sur les segments les plus innovants de la santé, c'est-à-dire le soin, avec tous les modèles, y compris centres médicaux d'urgence, petites unités de proximité, etc. Pour ce qu'on appelle la bobologie, les entorses, etc. , qui permettent de déconcentrer les files d'attente à l'hôpital.
On a acheté justement un laboratoire au Canada et pas d'ailleurs un bureau dont le locataire est un laboratoire, mais vraiment un laboratoire, c'est-à-dire un outil de production, parce que c'est ça la clé, un outil de production pour, en l'occurrence, Duchesnay Sciences, qui fait de la chimie organique. On a également acheté l'actif au Royaume-Uni. On veut vraiment faire la néo-SCPI santé avec un rendement qui sera celui d'une néo-SCPI.
On est, comme disait Nico, à l'affût et à la manœuvre pour le lancement de cette SCPI qui est toute récente et qui va afficher son premier rendement sur lequel on est plutôt optimiste, même très optimiste, et plus qu'on était au-delà de la cible qu'on a affichée en début d'année, qui va afficher son premier rendement à la fin de l'année et ce sera le début D'une belle aventure. De cette aventure. D'Euryale Horizon Santé. C'est très bien parce que l'innovation dans la santé, c'est très important et c'est bien. Là aussi, c'est ma conviction profonde. Ça vient en complément finalement du modèle de Pierval Santé, qui était sur du bail long, sur des structures un peu différenciantes.
Là, on est vraiment sur l'autre partie de la santé et c'est très bien que vous y veniez et c'est très bien que vous y veniez sur un deuxième véhicule. Comme ça, ça fait une complémentarité dans l'allocation. Et enfin, structurellement, nos clients vont comprendre que l'immobilier, c'est des allocations comme le financier. Jean-Marie qui attend sagement. Qu'est-ce qu'on va chercher chez Sogenial ? On met un peu tout également pour être complémentaire ? On reste dans le thème ? J'ai déjà spoilé un peu le sujet tout à l'heure. Nos deux véhicules phares aujourd'hui, c'est Cœur d'Europe et Cœur de Régions.
Cœur de Régions qui est un peu plus ancienne, qui est notre première SCPI diversifiée, qu'on a lancée maintenant il y a quelques années, qui reste une SCPI 100 % française avec une valeur de reconstitution supérieure au prix/part, qui tient ses performances depuis l'origine, qui a un patrimoine solide, qui continue à investir. On est fiers et heureux de cette SCPI et ça reste un bon véhicule d'investissement, comme on le disait tout à l'heure, pour investir dans le premier marché tertiaire européen.
Et puis on a dupliqué cette stratégie de gestion, d'accompagnement, finalement, c'est un peu notre ADN, de proximité et d'accompagnement des entreprises, d'être présents dans les besoins qu'elles ont, sur des entreprises plus généralistes, dans une vision généraliste de l'entreprise, commerce, bureau, activité, avec notre SCPI Cœur d'Europe qui est investie aujourd'hui évidemment beaucoup en péninsule ibérique, puisqu'on a une vraie expertise de ce métier-là, comme je l'ai dit tout à l'heure, de cette région-là, avec des équipes de gestion sur place qui nous permettent d'être performants dans ces pays-là. Mais on a aussi la Belgique, qui était notre premier pays d'investissement, sur lequel on est revenu récemment.
C'est l'intérêt aussi des stratégies dans plusieurs pays et dans plusieurs classes d'actifs, c'est d'être capable d'être opportuniste dans le bon sens du terme et d'aller chercher finalement des pays au bon moment, des stratégies au bon moment. On avait un peu abandonné la Belgique depuis quelques années, 2, 3 ans. On y est revenu récemment avec un actif qu'on a acheté de bureau à Waterloo, en Belgique. Et puis on a évidemment l'Allemagne qu'on a lancée il y a un peu plus de 2 ans maintenant, où on continue à se développer, on continue à acheter. Puis bien évidemment, on continue à regarder d'autres pays. On devrait normalement avoir un nouveau pays cette année. On est en train de finaliser notre premier investissement dans un nouveau pays.
Ça nous permettra aussi d'aller chercher d'autres contreparties, parce qu'on est aussi sensible au fait d'avoir des contreparties locales dans des pays. Pas que, mais l'intérêt d'aller dans un pays, c'est aussi d'être exposé à son économie, à ses locataires, à ses entreprises qui lui sont un peu propres. Et bien évidemment d'aller aussi chercher des entreprises internationales qui ont une puissance et une solidité qui est très intéressante pour les porteurs de parts. Merci beaucoup, bravo. Très grande diversification. Tous les trois, c'est très complémentaire, je pense, tous vos véhicules que vous nous avez présentés ce matin. Donc ça, c'est parfait.
Je fais une petite précision parce que Jean-Marie en a parlé tout à l'heure, pour ceux qui se poseraient la question, prenez contact avec les équipes de Sogenial. Il a parlé de forêt. C'est le grand retour, je pense aussi, d'un actif qui peut être très complémentaire pour des gens qui ont envie de donner du sens et une vision. Ce n'est pas le sujet du jour, mais ça peut valoir le coup d'en parler.
Évidemment, je l'ai dit tout à l'heure pour la table ronde marché, toutes les équipes d'Euryale, de Tikehau et de Sogenial sont à la disposition de mes petits confrères et de nos amis banquiers privés, que ce soit à Patrimonia ou même tout le reste du temps, pour reparler de tout ça un peu plus en détail, rentrer un peu plus dans la mécanique, sous le capot de ce qui nous a été expliqué ce matin avec brio. Merci à tous les trois pour ce moment. J'espère qu'on refera très vite un point sur le marché immobilier parce que vous savez que ça me tient à cœur. Et je pense que ce matin, on a fait le tour d'horizon autant des marchés financiers que de l'immobilier pour repartir avec beaucoup d'énergie en ce mois de septembre.
Nous, on va se retrouver au mois d'octobre pour une prochaine table ronde sur Zoom Invest. D'ici là, pour ceux que je croiserai à Lyon, on se voit dans 15 jours. Et sinon, prenez soin de vous. À très bientôt. Bonne journée. Bye